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Perspectives canadiennes printemps 2004

Paul Martin prend le vitrage balistique

De Steven Staples et Maude Barlow

En janvier de cette année, Paul Martin a accepté d’entreprendre de nouvelles négociations avec les États-Unis sur la participation du Canada au présomptueux programme de défense antimissile américain. Le gouvernement souhaite ces pourparlers « pour s’assurer que le Canada soit impliqué le plus possible et bénéficie de ses avantages. »

Paul Martin a affiché clairement son soutien au programme de défense antimissile américain, mais la plupart des Canadiens ne savent pas que des négociations sont déjà entreprises parce que le gouvernement a seulement communiqué des fragments d’information sur le progrès des pourparlers. C’est pourquoi les Canadiens méritent qu’il y ait un véritable débat parlementaire et public sur la question avant qu’un accord ne soit signé.

Combien Coûtera Le Programme Antimissile Aux Contribuables Canadiens ?
La part du Canada pourrait se chiffrer à plusieurs milliards de dollars, privant ainsi d’autres secteurs prioritaires de ressources pendant des décennies. Le Pentagone admet que le coût total de ce système défie toute évaluation, mais certains analystes le chiffrent à 200 milliards de dollars ou plus. L’administration Bush a fait savoir clairement qu’elle s’attend à ce que ses alliés l’aident à financer sa « guerre contre le terrorisme », y compris le programme de défense antimissile.

Est-Ce Que De Nouvelles Bases Militaires Et Des Missiles Seront Déployés Au Canada ?
Les États-Unis construisent leur système de défense antimissile en plusieurs phases. Un système rudimentaire sera mis sur pied dès cette année, et sa capacité sera augmentée au cours de phases subséquentes. Cette approche permet au système de gagner d’abord l’approbation politique. Ensuite, les composantes plus controversées pourront être ajoutées. L’utilisation du territoire canadien améliorerait les capacités de détecter à l’avance les missiles en provenance du Moyen-Orient (bien qu’ils soient encore inexistants); par conséquent, le Canada pourrait devoir aménager de nouveaux espaces pour accueillir les nouveaux radars et missiles intercepteurs en Arctique et sur la côte est. Les missiles intercepteurs pourraient être également placés à bord des bateaux canadiens qui assurent une surveillance régulière avec les porte-avions américains, des groupements tactiques au quatre coins du globe.

Le Système Comprend-Il L’envoi D’armes Dans L’espace Par Les Américains?
La politique étrangère du Canada s’oppose à envoyer des armes dans l’espace, et le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a récemment affirmé que la participation du Canada au programme de défense antimissile n’allait pas renier cet engagement. Toutefois, tout officiel américain associé au programme de défense antimissile américain, y compris le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, estiment que l’installation d’armes dans l’espace font partie des futures phases de déploiement du système.

Les chefs d’entreprises canadiennes et les lobbyistes, qui sont pour la plupart responsables de la mise en application du libre-échange il y a dix ans, sont impatients de se faire de nouveaux amis à la Maison-Blanche dirigée par les Républicains, et veulent que le Canada développe davantage sa force militaire et se joigne au programme de défense antimissile.

Ils affirment que l’injection de fonds dans la sphère militaire et sa collaboration sur le plan de la sécurité assurera au Canada des intérêts commerciaux et un accès au marché américain. Fait alarmant, Paul Martin a accepté de nombreuses recommandations des chefs d’entreprises.

Après avoir pris le pouvoir, Paul Martin a mis sur pied le nouveau ministère de la sécurité au Canada (modelé sur le Homeland Security department des États-Unis), et nommé le belliciste David Pratt au poste de ministre de la défense. Il a également gelé toute dépense en capital à l’exception de celles destinées à l’achat de nouveaux chars d’assaut et d’hélicoptères militaires. De plus, lors de sa rencontre avec le Président Bush à Monterrey, Paul Martin s’est engagé à ce que le Canada modifie sa politique étrangère afin de la rendre plus compatible avec celle des États-Unis.

Les dirigeants canadiens ont minimisé les évaluations des coûts, certains ont même laissé entendre qu’il n’en coûterait presque rien au Canada. C’est illusoire ! Un dirigeant militaire canadien a récemment déclaré que le ministère de la Défense nationale dispose de près d’un demi-milliard de dollars pour assurer la participation du Canada au programme de défense antimissile.

Un site web www.ceasefire.ca a été lancé pour permettre aux Canadiens de dire à Paul Martin d’exclure l’idée de participer à ce programme antimissile et de maintenir l’indépendance du Canada.

Maude Barlow est présidente nationale du Conseil des Canadiens. Steven Staples est directeur du projet « Corporate-Security State » de l’Institut Polaris.

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mis à jour November 10, 2006
 
 
 

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