Le Conseil des Canadiens
 
   

SECTIONS

Bulletin d'information

Rapport annuel

Maude Barlow

Campagnes

 

 

 
Perspectives canadiennes automne 2004

Rapport minoritaire : une analyse de l’élection 2004

De Maude Barlow

Pour la première fois depuis des années, les Canadiens auront droit à une rentrée parlementaire automnale qui s’effectuera sous le signe d’un gouvernement minoritaire. Même si cette situation n’est pas idéale, elle nous offrira de nombreuses occasions d’intervenir au cours des mois et des années à venir.

Le Conseil a été vraiment actif au cours de la période électorale. Nous avons distribué plus de 100 000 guides de l’électeur et sondé des milliers d’électeurs. Ces sondages ont d’ailleurs démontré que la majorité des Canadiens partageaient les valeurs de maintien de la paix, de sécurité sociale et de souveraineté qui sont les nôtres. Des rencontres conviant tous les candidats politiques ont été organisées dans des douzaines de chapitres, et des membres de partout au pays ont exprimé leurs préoccupations aux candidats, sur le seuil de leur porte et dans les assemblées publiques locales.

En tant qu’organisme apolitique, nous nous sommes intéressés aux programmes des partis dans le but d’aider les Canadiens à faire un choix éclairé lors du scrutin. Nous n’avons appuyé aucun parti, mais n’hésitions pas à dénoncer les politiques qui nous semblaient porter préjudice aux Canadiens. Tout comme à l’élection de 1988, lorsque nous avions reproché au Parti progressiste-conservateur de faire la promotion du libre-échange (sans pour autant nous ranger du côté des Libéraux, qui ont fini par signer l’Accord de libre-échange nord-américain en 1994), nous sommes demeurés actifs en 2004 pour freiner les partis en faveur de l’intégration continentale, des soins de santé privés et de la Zone de libre-échange des Amériques.

Nous avons d’abord fait en sorte que bon nombre de médias rappellent aux Canadiens que Paul Martin était le principal responsable de la crise des soins de santé, puis nous avons continué à exercer de la pression sur lui au sujet des questions des services de soins de santé à but lucratif, des relations Canada-États-Unis et du système de défense antimissile.

Vers la fin de la campagne, par contre, quand les Conservateurs de Stephen Harper se sont mis à gagner dangereusement du terrain, nous avons lancé une campagne intitulée « Arrêtez Harper » de concert avec d’autres groupes et nous avons fait paraître de la publicité dans les journaux importants de tout le pays. J’ai publié des éditoriaux sur Harper, en collaboration avec la National Citizen’s Coalition, qui ont occupé la page voisine de la page éditoriale du Toronto Star et la version électronique du Globe and Mail. J’ai également lancé avec d’autres un site Web afin que les femmes puissent signer une pétition anti-Harper. Le site continuait d’enregistrer des milliers de nouvelles signatures le jour de l’élection.

Freiner la progression des Conservateurs vers le pouvoir était donc une victoire en soi. Notons que le nouveau Parti conservateur a, en fait, récolté seulement 30 % du vote populaire – 7 % de moins que les votes récoltés en 2000 par les deux anciens partis réunis. Après considération, les Canadiens ont dit « non merci » aux valeurs véhiculées par le parti de Stephen Harper.

Notre déception a été grande en voyant disparaître toute possibilité d’un gouvernement minoritaire formé par les Libéraux et le NPD, la meilleure option à nos yeux, au fur et à mesure que les comtés importants du NPD lui étaient ravis de justesse durant cette longue soirée. Cependant, il est évident que la majorité des Canadiens ont voté pour l’un des trois partis : le NDP, les Libéraux et le Bloc québécois et ont aligné leur vote sur les valeurs traditionnelles et progressistes canadiennes. La notion de justice et de paix est si profondément ancrée dans le psychisme des Canadiens que même les Conservateurs ont tenté de se faire passer pour des gens modérés, bien qu’à la fin, c’était devenu une mission impossible pour les dinosaures du parti.

Il me semble qu’en raison de la situation, notre rôle se définit clairement. Premièrement, nous devons forcer Paul Martin à tenir ses promesses électorales. Nous devons également travailler avec nos amis du NPD et du Bloc québécois, de même qu’avec le Parti libéral, pour nous assurer qu’il restera dans le droit chemin. Nous rappellerons aux élus qu’ils ont fait campagne pour « Main Street » et non pour « Bay Street ».

Tout d’abord, nous notons la présence de certains signes inquiétants sur ce front. Il semble que des personnes au sein du Parti libéral considèrent la question de la défense antimissile comme un fait accompli. De plus, le Parti libéral semble se préparer à aller de l’avant avec les fusions bancaires même si le NPD et le Bloc québécois s’y opposent. Les Libéraux comptent-ils se servir du NPD et du Bloc québécois pour adopter une législation progressiste (ex. : garderies et assurance-médicaments) et des Conservateurs, pour passer leur législation rétrograde concernant la question de l’intégration continentale et d’autres initiatives favorables à l’entreprise ? Si c’est le cas, les groupes de défense de la société civile doivent réclamer à grands cris la protection des programmes sociaux et de la souveraineté canadienne. De son côté, le Conseil des Canadiens se concentrera tout particulièrement sur les dossiers de la lutte contre les services de soins de santé à but lucratif et l’intégration continentale.

Deuxièmement, c’est le temps de multiplier nos efforts pour obtenir le système de représentation proportionnelle. Jamais auparavant une élection n’a démontré aussi clairement le besoin d’un régime électoral plus progressiste. Le NPD a presque doublé ses votes pour un pourcentage d’un peu plus de 15 % du vote total, mais ce gain s’est traduit par l’ajout de seulement cinq sièges à la Chambre des communes. Pourtant, les Conservateurs, avec à peine le double de ce pourcentage, ont remporté 99 sièges. Ça n’a tout simplement aucun sens. Notre Parlement doit refléter plus équitablement les orientations de tous les Canadiens et le temps de remédier à cette anomalie est venu.

Enfin, nous devons continuer à constituer notre réseau de gens animés des mêmes idées que nous sur les plans social, des droits humains, de l’environnement, des femmes, du travail et des groupes culturels. Nous nous sommes réunis dans le cadre du projet « Notre Pays » pour influencer le résultat de l’élection et nous devons le faire de nouveau pour avancer tous ensemble vers nos buts communs. Nous avons besoin maintenant d’un mouvement de société civile fort et uni pour lutter pour avoir le Canada que nous voulons.

Il y a très longtemps qu’un tel défi ne s’était présenté à la société civile canadienne; il est urgent de le relever.

Maude Barlow est la présidente nationale du Conseil des Canadiens.

« retour

       
 

RENSEIGNEMENTS

Composez le 1-800-387-7177, ou encore au courriel à inquiries@canadians.org pour de plus amples renseignements sur les façons d’appuyer le Conseil des Canadiens.

 

 

Pour recevoir notre bulletin :

HTML Texte AOL

Recherche :

 

Le Conseil des Canadiens  
mis à jour November 10, 2006
 
 
 

Facebook del.icio.us DiggIt Reddit

accueil | contactez-nous | politique de confidentialité | plan du site | activités | english
700-170 avenue Laurier ouest, Ottawa (Ontario), K1P 5V5 CA; Tél. : (613) 233-2773; 1-800-387-7177
Téléc. : (613) 233-6776; inquiries@canadians.org; © Le Conseil des Canadiens, 2006