1985
Le Conseil des Canadiens vit le jour le 11 mars, avec ses objectifs consistaient à créer des emplois intéressants pour les Canadiens, rehausser le niveau de vie des citoyens, et faire du Canada un état souverain qui jouerait un rôle important au sein de la communauté mondiale des pays. L’année suivante, le Conseil comptait déjà 3 000 membres.
1986
Le Conseil s’établit comme étant la voix de la souveraineté économique en organisant des manifestations contre la vente d’entreprises canadiennes à des intérêts étrangers : de Havilland à Boeing, Prentice Hall à Gulf & Western, et West Kootenay Power and Light à Utilicorp of Kansas.
1987
Le Conseil organise un Sommet canadien coïncidant avec la visite du Président des États-Unis Ronald Reagan à Ottawa. Le Réseau Pro-Canada (appelé par la suite Réseau Action Canada) est créé, et ses membres enregistrent la déclaration du Sommet canadien devant la porte de l’édifice du Centre de la Colline du Parlement.
1988
Maude Barlow, présidente nouvellement élue du Conseil, et Bob White, président du Syndicat canadien des travailleurs de l’automobile, débattent le libre-échange avec le Premier ministre de l’Alberta Peter Lougheed, et le lobbyiste d’entreprise Tom d’Aquino à la télévision nationale. Tandis que Lougheed et d’Aquino ont parlé en termes généraux, White et Barlow ont mis l’accent sur les détails et la nature destructive de l’accord.
Le Conseil lutte contre le gouvernement Mulroney qui cherche à retirer ses pouvoirs au Conseil national de l’énergie afin de protéger la sécurité de l’énergie au Canada. Le Conseil sensibilise le public et débat la question, mais perd la bataille. Plus tard, le président du CNE affirma que « Ce n’était pas le bon moment pour nationaliser l’énergie. Le CNE est devenu un organisme qui aide le marché à fonctionner. »
1989
L’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis entre en vigueur le 1er janvier. Six mois plus tard, le Conseil présente une évaluation de l’entente, énonçant que malgré les promesses du gouvernement, le libre-échange a causé la perte de plus de 33 000 emplois.
1990
Maude Barlow, présidente du Conseil, et John Trent, ancien président, se présentent devant la Commission royale sur la réforme électorale et le financement des partis. Ils demandent une réduction et une surveillance de la publicité et des tiers promoteurs durant les élections, afin qu’il soit plus difficile pour un groupe de dominer le débat grâce au pouvoir financier.
1991
Le Conseil, ainsi que Friends of Canadian Broadcasting et le Syndicat canadien de la fonction publique, forment une coalition appelée « 100 jours d’action », afin d’empêcher les coupures drastiques à Radio-Canada. Le budget de 1991 prévoyait la mise à pied de plus de 1 000 employés et la fermeture de 11 centres de production régionaux. Le tollé de protestations du public a forcé le gouvernement à réduire certaines des coupures déjà planifiées.
1992
Le Conseil manifeste lors de la cérémonie de signature du nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Des activistes tiennent un drapeau américain tout juste derrière le Premier ministre Brian Mulroney, et cette photo fait le tour du monde. Maude Barlow crie à Mulroney, « Vous aviez promis de protéger la démocratie élémentaire. Vous n’avez pas tenu votre promesse. »
1993
Le Conseil fait venir Carlos Heredia – ancien chef de l’opposition au Mexique dont la victoire à l’élection de 1988 fut volée par le président Carlos Salinas – au Canada afin de le faire « témoigner » contre l’ALENA lorsque l’émission The National au réseau CBC fait le procès du traité. Salinas démissionne un an plus tard afin de faire campagne pour le poste de chef de l’Organisation mondiale du commerce.
1994
Maude Barlow écrit une lettre aux membres du Conseil afin d’obtenir leur avis : « Nous avons perdu deux fois (l’adoption de l’ALE et de l’ALENA). Il est probablement temps d’accepter la défaite et de passer à autre chose. » Les membres déclarent en grand nombre que plus que jamais, le Conseil est nécessaire. Comme le gouvernement fédéral s’apprête à accorder le droit à Monsanto de commercialiser l’hormone de croissance bovine au Canada, le Conseil forme une solide coalition nationale, organise une campagne, et gagne en 1998 un moratorium contre l’arrivée de l’hormone de croissance bovine au Canada.
1995
Le Conseil décerne une note d’échec au Premier ministre Jean Chrétien pour sa « politique sociale » dans le cadre d’un bilan de mi-mandat de son gouvernement. Chrétien obtient une note de « E » pour les coupures de 7 milliards $ dans le Transfert en matière de programmes sociaux et de santé qui mettent à risque les soins de santé, l’éducation post-secondaire et les services sociaux essentiels.
1996
Le Conseil organise une démonstration lors de la réunion des ministres des finances à Ottawa afin de protester contre les coupures prévues au Régime de pension du Canada. Les membres du Conseil présentent au ministre des Finances Paul Martin et à ses homologues provinciaux une pétition de 100 000 noms contre les coupures. Le gouvernement de la Colombie-Britannique accepte et empêche Martin d’effectuer des coupures dans le RPC.
1997
Le Conseil perd la première ronde de sa lutte visant à empêcher Conrad Black d’acquérir la chaîne de journaux Southam. Le tribunal déclare que le Conseil n’a pas le droit d’en appeler de la décision du gouvernement d’approuver la transaction, car le Conseil n’est pas « touché commercialement ».
De concert avec le Forum international sur la mondialisation et l’Institut Polaris, le Conseil anime une séance d’apprentissage sur la mondialisation de l’économie et la règle professionnelle. Des activistes très en vue y participent, notamment Owens Wiwa, Elizabeth May, Susan George et John Cavanagh.
1998
Un nouveau traité mondial sur l’investissement crée un tollé de protestations sans précédent, avec comme chef de file le Conseil. Lorsque les négociations concernant un accord multilatéral sur l’investissement échouent, le Conseil mène un sondage d’un océan à l’autre afin de connaître les valeurs et les politiques que les Canadiens souhaiteraient voir adopter par leur gouvernement lors de négociations internationales.
Lorsque quatre des plus importantes banques canadiennes s’apprêtent à fusionner, mettant en péril des milliers d’emplois tout en entraînant la fermeture de milliers de succursales locales, le Conseil lance une campagne très médiatisée dans tout le pays afin de convaincre le ministre des Finances Paul Martin de rejeter leurs plans. En décembre, Martin interdit les fusions. 
1999
Le Conseil, en collaboration avec ses partenaires du Front commun contre l’OMC, lance une campagne nationale d’action et d’éducation afin de confronter la « Ronde du millénaire » des négociations de l’Organisation mondiale du commerce. Les manifestations en faveur de la démocratie durant la « Bataille de Seattle » entraînent la fin des pourparlers de l’OMC.
2000
Le Conseil remet en question les tentatives des plus grands fournisseurs d’eau de la planète de privatiser l’eau douce. Durant le processus, un nouveau réseau international d’activistes est établi. Il est composé de gens déterminés à promouvoir la reconnaissance universelle du droit fondamental à l’eau potable, et à anéantir les plans
des entreprises qui cherchent à contrôler l’eau pour en faire un bien.
2001
Le Conseil participe à un mouvement général visant à faire avorter les négociations sur la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) à Québec. Il en résulte une des plus importantes manifestations jamais organisées au Canada. Les activistes dédiés ayant planifié des alternatives songées au libre-échange sont accueillis par des gaz lacrymogènes, des canons d’arrosage et des balles en caoutchouc.
2002
Le Conseil donne à la Commission Romanow sur l’avenir des soins de santé au Canada le message que les soins de santé doivent être adéquatement financés, inclure les soins à domicile et les médicaments, et être protégés contre tous les accords de commerce international. Le Conseil tient des réunions publiques dans 15 villes canadiennes, où il précède ou accompagne la Commission Romanow.
2003
Le Conseil est présent lors du Sommet ministériel de l’Organisation mondiale du commerce à Cancun, et des négociations sur la Zone de libre-échange des Amériques à Miami. Les membres du Conseil transmettent le message qu’un « autre monde est possible », et joue un rôle clé dans le déraillement des pourparlers entre l’OMC et la ZLÉA. 
2004
Abdiquant face à la pression des consommateurs et des organisations telles que le Conseil des Canadiens, Monsanto abandonne son projet de produire et de vendre du blé génétiquement modifié au Canada.
Le Conseil mène un sondage auprès des citoyens relativement aux relations entre le Canada et les États-Unis afin de contrer l’élite du monde des affaires au Canada, qui cherche à promouvoir une profonde intégration avec les États-Unis, comprenant entre autres une frontière et un marché communs, l’approvisionnement garanti et ininterrompu en énergie des États-Unis, et la participation de George W. Bush aux projets de défense et de « sécurité ».
2005
Le Conseil recommence à lutter pour la souveraineté et la démocratie canadiennes en s’opposant à la menace d’une intégration économique plus profonde avec les États-Unis. Nous axons notre lutte sur le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP), signé par le Canada, les États-Unis et le Mexique, et voulons savoir pourquoi cette entente n’a jamais fait l’objet d’un débat au Parlement.
2006
Nous remettons en question les « avantages » des accords de libre-échange, et faisons écho des critiques virulentes à l’endroit du gouvernement Harper relativement au différend sur le bois d’œuvre résineux de l’ALENA. Malgré le fait que le Canada ait remporté plusieurs décisions du panel de l’ALENA ordonnant au gouvernement américain de rembourser 5 milliards $ en tarifs d’exportation, le Premier ministre Harper conclut une entente avec le gouvernement Bush pour une somme moindre.
2007
Des milliers de gens se réunissent à Montebello, Québec, afin de protester contre le PSP durant les réunions closes entre le Premier ministre Stephen Harper, le Président américain George Bush et le Président mexicain Felipe Calderon. Une séance d’apprentissage organisée par le Conseil durant l’année attire plus de 1 500 personnes de partout au Canada et du monde entier.
2008
De concert avec les communautés des Premières nations, le Conseil sensibilise le public aux conséquences dévastatrices des sables bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan. Témoin de la destruction de vastes zones ravagées et de nombreux cours d’eau transformés en étangs toxiques, Maude Barlow désigne les sables bitumineux comme le « Mordor du Canada », une référence à la vision de Tolkien d’une région aride dans le Seigneur des Anneaux.
2009
Le Conseil célèbre deux grandes victoires : le PSP secret est défait, et les plans du site 41, un dépotoir proposé dans le comté de Simcoe en Ontario au-dessus d’un aquifère contenant « l’une des eaux les plus pures au monde », sont abandonnés suite à une longue lutte pour la protection de cette source d’eau par les résidents de la communauté, les Premières nations, les membres du Conseil et les activistes de la section.
2010
Le Conseil des Canadiens célèbre ses 25 ans à militer en faveur de la justice sociale. Le Conseil compte de plus en plus de membres, qui sont déterminés à protéger notre eau douce, améliorer les soins de santé publics, lutter contre les traités de libre-échange, et promouvoir une stratégie énergétique visant à protéger notre environnement et à mettre l’accent sur les sources d’énergie durables et renouvelables.