En juin 1985, un groupe de Canadiens et de Canadiennes bien en vue se sont réunis à Ottawa pour partager leur inquiétude devant l'orientation prise par les politiques du gouvernement nouvellement élu de Brian Mulroney. Le démantèlement de l'Agence d'examen de l'investissement étranger, l'érosion de la souveraineté culturelle, et l'éventualité du libre-échange avec les États-Unis sont autant de facteurs qui ont conduit ces citoyens à créer une organisation représentative de tous les secteurs de la société, afin de protéger et de promouvoir la souveraineté et la démocratie au Canada.
C'est ainsi qu'est né le Conseil des Canadiens dans le courant de l'été. Il s'est rapidement fait remarquer. Lorsque le brise-glace américain, Polar Sea, a pénétré sans permission dans les eaux canadiennes, des membres du conseil ont laissé choir un drapeau canadien sur le pont du bateau. Le Conseil s'est bientôt démarqué comme une voix pour la souveraineté économique, et une force pour l'organisation de mouvements de protestation contre la vente d'entreprises canadiennes à l'étranger - de Havilland à Boeing, Prentice Hall à Gulf+Western, et West Kootenay Light and Power à Utilicorps of Kansas.
Deux ans plus tard, le conseil jouait un rôle de premier plan dans l'organisation de l'opposition au libre-échange. Mettant à profit le Shamrock Summit - rencontre de Brian Mulroney et de Ronald Reagan en 1987, le conseil réunissait le Maple Leaf Summit. Des représentants de divers groupes de travailleurs, d'écologistes, d'autochtones et de femmes se sont joints aux fermiers, personnes âgées, étudiants, enseignants, dirigeants d'organismes confessionnels, et aux démunis pour rédiger une déclaration conjointe s'opposant au libre-échange, déclaration qui fut affichée sur la porte de l'édifice du Parlement.
Le Sommet a également donné naissance au Réseau pro-Canada (maintenant connu sous le nom de Réseau solidarité), une coalition nationale de groupes ouvriers et sociaux s'opposant aux plans des multinationales en matière de libre-échange. Au moment de la campagne électorale mouvementée de 1988, le Conseil s'est joint au Réseau pro-Canada afin d'intensifier la lutte contre l'Accord de libre-échange. Bien que les Conservateurs aient été ré-élus grâce au lobby puissant et bien nanti du monde des affaires, le Conseil et ses alliés ont convaincu la majorité des Canadiens que le libre-échange n'augurait rien de bon pour notre économie, notre culture, nos programmes sociaux et notre environnement. La lutte contre l'Accord de libre-échange a été suivie de près par une série de campagnes orchestrées par le Conseil contre la déréglementation de l'industrie de l'énergie, les compressions imposées à CBC et aux programmes sociaux, et contre l'Accord sur le libre-échange nord-américain (ALÉNA).
À travers toutes ces batailles, le Conseil a fièrement tenu la bannière de la souveraineté canadienne et pressé les gouvernements - tant conservateur que libéral - d'assumer leurs responsabilités et de protéger les droits des citoyens. En 1998, le Conseil a contribué à la défaite de l'Accord multilatéral sur l'investissement, et s'est retrouvé au premier rang de l'opposition civique à d'autres accords semblables en matière de commerce et d'investissement, tant à l'Organisation mondiale du commerce qu'ailleurs.
À titre d'organisme de surveillance du gouvernement et des multinationales, le Conseil offre une voix critique de première importance dans les questions d'intérêt national. Le conseil a organisé des campagnes civiques déterminantes contre les compressions et les changements dans le système de pensions publiques, les fusions proposées des quatre grandes banques du pays, et l'introduction de l'hormone de croissance bovine dans le lait canadien. Le Conseil a également collaboré avec divers groupes et particuliers à travers le Canada afin de lutter contre la concentration alarmante des moyens de communication de masse au Canada.
Récemment, le Conseil a lancé des campagnes pour faire cesser l'introduction des aliments génétiquement modifiés et empêcher l'exportation massive de l'eau douce canadienne. Le conseil a également lancé une nouvelle campagne pour protéger le système de soins de santé public contre la privatisation.
Dans le cadre de ces campagnes, le Conseil a remis en question le transfert de pouvoir du peuple et des gouvernements élus démocratiquement, vers les multinationales. Le Conseil continue à suivre de près les retombées graves de l'ALÉNA au Canada, aux États-Unis et au Mexique, et collabore à l'échelle internationale avec divers groupes afin de promouvoir des alternatives raisonnables au libre-échange tel que proposé par les multinationales.
Par le biais de sa recherche, de son travail d'éducation et de ses campagnes, le Conseil s'est engagé à édifier une société civile plus forte. Son Programme civique, lancé en 1994, est un projet à long terme fondé sur une vision et un plan d'action ayant pour but d'amener notre économie et notre société sous un contrôle public réel, tout en protégeant l'environnement.
Maude Barlow est la présidente nationale du Conseil des Canadiens qui, le plus grand groupe de défense d’intérêts publics au Canada comptant des membres et des sections à travers le Canada. Elle est également directrice du Forum international sur la mondialisation. Cette institution, située à San Francisco, est axée sur la recherche et l'enseignement et s'oppose à la globalisation de l'économie. Madame Barlow est aussi co-fondatrice du Projet Planète bleue, un mouvement international de la société civile visant à empêcher la marchandisation de l'eau. Elle a également reçu quatre doctorats honoraires de six universités canadiennes pour son travail en matière de justice sociale. Elle est l’auteur à succès ou co-auteur de quatorze livres. Sa plus récente publication est Dormir avec l’éléphant : L’avenir du Canada à l’intérieur de la forteresse de l’Amérique du Nord
Le Conseil est le plus grand groupe de défense d’intérêts publics au Canada comptant des membres et des sections à travers le Canada. Organisation sans but lucratif oeuvrant dans l'intérêt public, le Conseil n'accepte pas de fonds en provenance des entreprises ou des gouvernements. Il est entièrement soutenu par l'énergie et l'assistance financière de ses bénévoles et de ses membres.