OTTAWA, 20 mai 2003 – Sachant qu’il existe des stratégies de prévention et des traitements permettant de sauver des vies, des organisations canadiennes convoquent un sommet de la société civile à Ottawa pour chercher des solutions et élaborer des stratégies pour l’amélioration de la santé de tous et chacun, à l’échelle mondiale. Le sommet offrira l’occasion de discuter les politiques de commerce international qui limitent l’accès aux médicaments, ainsi que l’échec des pays riches à financer adéquatement les projets de santé mondiale et analyseront la façon dont le secteur privé réagit aux crises mondiales au chapitre de la santé.
« La santé mondiale est un droit humain! » est le thème du sommet de la société civile canadienne sur les politiques de la santé en ce qui a trait à la mondialisation, le développement et la pauvreté. Le sommet se déroulera à l’hôtel Marriott d’Ottawa (100, rue Kent), les mercredi 21 mai (de 9 h à 21 h) et jeudi 22 mai (de 9 h à 13 h).
« Partout dans le monde, des syndicats s’intéressent aux questions relatives de santé non seulement parce qu’elles sont centrales à notre qualité de vie individuellement, mais aussi parce qu’elles définissent le type de communautés que nous souhaitons bâtir et léguer à la génération prochaine », a souligné Barb Byers, vice-présidente exécutive du Congrès du travail du Canada. « Qu’il s’agisse d’activités sur les lieux de travail portant sur la prévention du VIH-sida en Afrique du Sud ou de la lutte ici-même au Canada pour préserver et agrandir notre assurance-maladie publique, les questions et les obstacles auxquels sont confrontées les familles travailleuses sont les mêmes : la déréglementation, la privatisation et les réductions d’impôts qui favorisent les grosses compagnies et les riches. »
« Le Canada doit tenir promesse et s’employer à enrayer les maladies liées à la pauvreté. Une somme aussi modeste que dix dollars par année par citoyen canadien permettrait d’aider les 19 000 personnes qui meurent chaque jour du sida, de la tuberculose et du paludisme », a fait remarquer Michael O’Connor, directeur exécutif de la Coalition interagence sida et développement.
Au chapitre du commerce, Richard Elliott, avocat rattaché au Réseau juridique canadien VIH-sida, explique : « L’Organisation mondiale du commerce n’a pas tenu sa promesse faite il y a 18 mois à Doha, alors qu’elle s’engageait à régler la question des restrictions attachées aux brevets limitant l’accès aux médicaments des pays en développement. Le Canada a joué le second rôle auprès des États-Unis et de l’Union européenne, qui cherchent à saboter toute 'solution' éventuelle en imposant des restrictions ne s’appliquant pas aux pays riches. Cette politique du deux poids deux mesures est scandaleuse et inacceptable. Le Canada doit cesser d’encourager servilement les États-Unis et l’industrie des médicaments d’origine, déjà la plus riche au monde. Il devrait plutôt soutenir publiquement et clairement les propositions simples et pratiques émanant d’organisations humanitaires, d’organismes de défense des droits de la personne et de pays en développement, qui ont d’ailleurs été avalisées par l’Organisation mondiale de la santé.»
« La question de l’accès aux médicaments de base met clairement à nu la déchéance morale des accords commerciaux internationaux », constate Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens. « L’accord sur les ADPIC (Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce) a été rédigé par et pour les grandes entreprises afin de mettre à l’abri leurs profits exorbitants. Il s’est traduit par la dévastation et la mort dans les pays les plus pauvres du monde. Les gouvernements, dont celui du Canada, qui favorisent les droits de propriété au détriment des vies humaines doivent répondre de leurs actes devant leurs citoyens. »
« Les patients ne meurent pas du VIH-sida ni des autres maladies négligées en tant que telles : ils meurent des suites de l’échec de politiques commerciales et gouvernementales », explique le Dr James Orbinski, de Médecins sans frontières.
Une grande diversité d’organismes canadiens prendront part au Sommet, qui examinera la santé mondiale sous les grands thèmes suivants :
- Les répercussions du commerce et de la mondialisation sur les engagements à réaliser « la santé pour tous »
- Le financement de la santé dans le monde : l’Aide publique au développement du Canada, le Fonds mondial et l’annulation de dette
- La responsabilité sociale des entreprises en matière d’appui à la santé publique dans les pays en développement
Les politiques en matière de santé doivent protéger la santé publique à l’échelle mondiale et assurer que la santé soit considérée comme un droit humain fondamental pour tous. Cela inclut un élargissement de l’accès aux médicaments de base afin de lutter contre des maladies évitables et transmissibles comme le VIH-sida, la tuberculose et le paludisme, et un examen des politiques en ce qui a trait au développement et à la pauvreté.
Le sommet accueillera également d’éminents conférenciers internationaux, dont Kingsley Chiedu Moghalu, chef de la mobilisation des ressources et des partenariats, Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, de même que des activistes de l’Afrique du Sud, du Niger, du Brésil et de l’Argentine. Le discours-programme sera présenté en soirée le 21 mai par Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens, et par le Dr James Orbinski, de l’Université de Toronto et de Médecins sans frontières. Les deux conférenciers aborderont le thème de la mondialisation et la santé.
Le sommet « La santé mondiale est un droit humain! » est organisé par le Congrès du travail du Canada, le Réseau juridique canadien VIH- sida, Médecins sans frontières, le Conseil des Canadiens, Droits et Démocratie, la Coalition interagence sida et développement, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Syndicat des Métallos.
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