Le premier ministre céderait le pavé aux idéologues du libre-marché
OTTAWA (ONTARIO) – Le refus du premier ministre Jean Chrétien de remettre en question la privatisation croissante des services médicaux constitue une omission qui pourrait bien résulter en désastre pour le système public des soins de santé au Canada, selon le Conseil des Canadiens.
Pendant que le premier ministre Chrétien et les premiers ministres provinciaux et territoriaux se disputent quant au financement fédéral qui sera accordé aux provinces et territoires, l’esprit et les principes élaborés dans le rapport Romanow sont mis à l’écart. Aucune discussion ne se déroule quant à l’élimination des transferts de points d’impôts, aucune discussion ne se tient quant à l’impact des ententes commerciales comme l’ALÉNA et l’AGCS sur le système canadien et plus important encore, aucune discussion n’est prévue pour assurer que les fonds publics soient réservés aux services à but non lucratif.
« Le rapport de Roy Romanow est clair : il n’a cessé de demander que les preuves démontrant que les soins de santé privés étaient moins dispendieux et plus efficaces que les soins de santé publics lui soient présentées. En un an et demi d’audiences publiques, ces preuves ne se sont jamais matérialisées", affirme Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens.
L’un des commentaires les plus éloquents et les plus souvent mentionnés pendant les audiences publiques de la Commission Romanow était le besoin que les fonds publics soient utilisés pour procurer des soins sans but lucratif et non pour subventionner des profits. « C’est très simple à comprendre : pour le même montant, le fournisseur du secteur privé placera de côté de 15 à 25 cents pour chaque dollar comme retour aux investisseurs. Cela signifiera que des coins seront coupés et que la qualité des soins de santé en souffrira. Cela signifie aussi que les services sans but lucratif seront privés de ces fonds ».
Quelques provinces, particulièrement l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-britannique, ne cachent pas leur désir d’imposer un système parallèle privé à leurs citoyens, sans égard aux multiples études démontrant leur inefficacité et leur coût plus élevé comparativement aux services sans but lucratif. « La flexibilité et l’innovation ne sont que des mantras visant à nous faire avaler la pilule », poursuit Barlow. « L’obéissance aveugle à l’idéologie du libre marché démontrée par ces premiers ministres explique pourquoi l’imputabilité est nécessaire comme sixième principe de la Loi canadienne sur la santé ».
Maude Barlow sera à L’Ancien hôtel de ville d’Ottawa, au 11 promenade Sussex, dès 14 h afin de commenter et d’analyser les négociations.
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