Edmonton - Le Conseil des Canadiens demande au gouvernement fédéral de cesser de tenter de maintenir artificiellement en vie le régime d'assurance maladie, pour se concentrer plutôt sur l'édification d'un programme de soins de santé élargi et plus vigoureux.
« Le Conseil des Canadiens prévient aujourd'hui Messieurs Rock et Chrétien, ainsi que les premiers ministres des provinces - nous n'allons pas nous contenter d'assister en spectateurs au jeu politique auquel ils se livrent avec notre système de soins de santé, » a déclaré Anil Naidoo, responsable de la Campagne pour la santé du Conseil des Canadiens. « Plutôt que de joindre les rangs des idéologues et de ceux qui ignorent délibérément la situation, préférant des réductions d'impôts drastiques plutôt que des soins de santé universels, Messieurs Rock et Chrétien doivent se démarquer et signifier vigoureusement leur intention d'appliquer la Loi canadienne sur la santé. »
Le Conseil a émis cette demande le jour même où le gouvernement albertain rendait public un rapport demandant l'établissement d'un ticket modérateur et le retrait des services en Alberta, deux mesures qui contreviendraient à la Loi canadienne sur la santé. Ce rapport a été préparé à la demande du Premier ministre albertain, Ralph Klein, par un groupe d'experts sous la direction de Don Mazankowski, ancien Vice-premier ministre et ministre de la Privatisation durant le règne de Brian Mulroney. Notons que Monsieur Mazankowski fait également partie du conseil de la Great West Life Co., l'un des principaux fournisseurs d'assurance maladie privés.
« Ceux qui vous disent que la privatisation du système permettra d'économiser de l'argent doivent être cinglés ou menteurs, a ajouté Naidoo. La privatisation des soins de santé se traduit en réalité par des profits accrus, de la publicité, des salaires exorbitants pour les cadres supérieurs, des options d'achat d'actions, et une augmentation phénoménale des frais d'administration. Le Canada dépense environ moitié moins par personne pour les soins de santé que le système privé américain, où 15 % de la population se trouve sans protection. Non seulement notre système est-il juste, mais il est moins coûteux et plus efficient. »
Plus précisément, le Conseil demande au gouvernement fédéral de répondre au rapport Mazankowski tout d'abord en s'assurant que l'Alberta ne contrevient pas à la Loi canadienne sur la santé, et ensuite en réservant les fonds nécessaires pour restaurer la contribution fédérale aux soins de santé à 50 %. Les fonds fédéraux dans leur ensemble doivent servir à augmenter les dépenses dans le domaine des soins de santé, et non pas être alloués aux dépenses provinciales générales, ou servir à financer des réductions d'impôts non durables et inspirées d'une idéologie.
Le Conseil craint également que de nouvelles privatisations ne déclenchent les accords commerciaux internationaux qui pourraient nous enfermer définitivement dans un système de soins de santé à but lucratif et rendre illégale toute tentative de la part des gouvernements futurs pour rebrousser chemin.
Le Conseil des Canadiens lancera le mois prochain sa Campagne nationale pour les soins de santé.
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