OTTAWA (ONTARIO), le 2 avril 2003 - Le Conseil des Canadiens condamne fortement l’ambassadeur américain, Paul Cellucci, qui avance la détérioration possible des relations canado-américaines afin d’obtenir des concessions sur le plan énergétique de la part de nos gouvernements. Cellucci a de nouveau demandé une intégration énergétique accrue tout en continuant de dénigrer la position canadienne relative à l’attaque non sanctionnée sur l’Irak. Dans les faits, il a demandé la mise en application du Plan énergétique continental de Bush lors de son discours cet après-midi dans le cadre d’un dîner présenté par l’Association de l’industrie électrique de Québec.
Depuis qu’il a condamné publiquement le Canada pour sa position sur l’invasion de l’Iraq, l’ambassadeur américain a constamment lié la déception des États-Unis avec la demande d’une plus grande intégration énergétique continentale. Dans tous les discours qu’il a prononcés depuis, il a insisté sur l’absence d’implication canadienne dans la guerre afin de faire avancer son agenda principal, l’appui canadien au Plan énergétique de Bush.
« Il s’agit d’une tactique d’intimidation classique : Cellucci utilise la menace de représailles commerciales en raison de notre position sur la guerre, mais il précise à mots cachés que si nous abandonnons le contrôle de nos propres ressources énergétiques, il se peut que nous évitions le pire », affirme Anil Naidoo, chargé de campagnes pour le Conseil des Canadiens. « C’est comme si nous étions toujours en quatrième année… Cela reflète la nouvelle subtilité de cour d’école de la politique étrangère américaine. Tristement, cela semble fonctionner sur nos chefs d’entreprise qui embarqueront la semaine prochaine pour leur propre « mission de paix » à Washington ».
Depuis son récent discours au Economic Club de Toronto, Cellucci s’est promené au coeur de la région gazière et pétrolifère de la C.-B. et se trouve maintenant au Québec, le plus important exportateur canadien d’électricité. Le Canada est déjà signataire d’une entente continentale sur l’énergie par l’intermédiaire de l’ALÉNA. L’article 605a de cette entente stipule que le Canada ne peut réduire la quantité d’énergie exportée aux États-Unis sans réduire du même coup notre propre consommation. Cela garantit actuellement aux États-Unis 60% de notre production, et davantage si la proportion exportée s’accroît dans le futur.
« Avec l’abandon du projet de forage du Arctic National Wildlife Refuge, les États-Unis sont encore plus désespérés de consolider leurs importations énergétiques », poursuit Naidoo. « La prochaine phase consiste à s’assurer de la dérèglementation et de l’intégration de notre réseau électrique de même que l’harmonisation de notre politiques régulatoires. Si nous ne résistons pas, nous continuerons à voir les prix grimper, une plus grande volatilité du marché et un dommage certain à notre économie alors que les Canadiens seront forcés de compétitionner, avec une devise plus faible, contre des consommateurs américains pour la consommation d’une ressource de plus en plus limitée ».
Sous l’article 25 de sa Constitution, le Mexique, autre partenaire canadien de l’ALÉNA, maintient le contrôle de ses ressources énergétiques et a obtenu une exemption du chapitre de l’ALÉNA sur l’énergie. Le Conseil des Canadiens a demandé du gouvernement canadien qu’il abroge la claude énergétique de l’ALÉNA (nonobstant le traité au complet) et de s’assurer que l’énergie ne soit plus incluse dans quelque traité commercial futur, de rejeter la voie de l’intégration telle que proposée par le Plan énergétique continental de Bush et de mettre sur pied un programme de transition de l’énergie fossile vers des sources énergétiques renouvelables et moins polluantes.
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