OTTAWA, le 22 mars 2004 – Réunies sur la colline parlementaire à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, quatre ONG canadiennes de premier plan contestent l’opposition du gouvernement canadien à la reconnaissance du droit à l’eau à l’échelle internationale.
Les dirigeants de DÉVELOPPEMENT ET PAIX, du Conseil des Canadiens, de l’Association québécoise pour le contrat mondial de l’eau et de l’institut Polaris exigent que le Canada modifie sa position immorale niant que l’eau soit un droit humain, à la Commission des droits de l’homme qui se déroule actuellement à Genève.
«Nous croyons que les Canadiennes et les Canadiens seront très mécontents d’apprendre que nous avons été le seul des 53 pays membres de la Commission des droits de l’homme à voter contre la reconnaissance de ce droit humain essentiel», dit Maude Barlow, la présidente nationale du Conseil des Canadiens, parlant de la position du Canada à la Commission des droits de l’homme de l’ONU en 2002 et en 2003. «Dans le contexte d’une crise mondiale de l’eau, il est scandaleux que notre gouvernement se soit opposé au Droit à l’eau, en notre nom à tous et à toutes.»
«Si le Canada n’appuie pas le droit à l’eau, comment peut-il prétendre appuyer le droit à la santé ou le droit à l’alimentation prévus par la Déclaration universelle des droits de l’homme?», demande la directrice Anne-Marie Jackson de DÉVELOPPEMENT ET PAIX. «L’eau forme une condition préalable à la réalisation des autres droits humains. L’eau, c’est la vie. Elle est essentielle à la dignité humaine.»
L’Organisation mondiale de la santé estime à 1,1 milliard le nombre de personnes qui manquent d’accès élémentaire à une eau potable. Chaque jour, près de 6 000 enfants des pays en développement meurent par suite du manque d’eau potable et d’assainissement. Ces décès ne sont pas causés par l’insuffisance des ressources en eau. Bien au contraire, ils témoignent cruellement de l’insuffisance d’efforts concertés pour établir des réseaux d’approvisionnement en eau et combattre la pollution des sources d’eau.
«Pour que l’eau potable devienne accessible aux 1,1 milliard de personnes qui en sont privées, les gouvernements doivent respecter leurs obligations légales découlant du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui consistent à assurer immédiatement un minimum vital pour tous», dit Sylvie Paquerot de l’Association québécoise pour le contrat mondial de l’eau. «Chaque État membre doit mettre en application les directives de l’Observation générale no 15 sur le droit à l’eau dans le cadre de toutes ses actions et décisions. Dans le cas du Canada, cela comprend la coopération internationale et les questions de politique intérieure qui s’y rattachent.»
«Les entreprises à but lucratif prennent actuellement le contrôle des réseaux publics de distribution d’eau partout dans le monde, et l’accès à l’eau dépend de la ‘capacité de payer’ au lieu d’être un ‘droit humain’», dit Tony Clarke de l’institut Polaris. «Cette marchandisation de l’eau est sanctionnée par des accords commerciaux comme l’ALÉNA, la ZLÉA et l’Accord général sur le commerce des services. L’accès à l’eau ne doit pas dépendre de la capacité de payer des utilisateurs; cela risque de condamner à mort des millions d’autres personnes. L’accès à l’eau doit être un droit universel!»
Au cours de l’automne et de l’hiver derniers, plus de 175 000 Canadiennes et Canadiens de toutes les régions du pays ont signé une pétition lancée par Développement et Paix affirmant que l’accès à l’eau est un droit humain fondamental.
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