La position de la société civile et du secteur privé demeurent aux antipodes
OSAKA (JAPON) – Après deux jours de dialogues intenses et de partage d’information, le débat le plus controversé du 3e Forum mondial de l’eau a pris fin sur une note décevante alors que les multinationales de l’eau et la société civile sont en profond desaccord sur le sujet des partenariats privés-publics (PPP). Après deux jours, il est clair qu’aucun consensus, aucune entente et peu de points communs ont été trouvés. Dans un geste sans précédent, les deux côtés ont présenté des déclarations séparées au Secrétariat du 3e Forum mondial de l’eau.
De fait, lors de ce débat, les positions de la société civile et du secteur privé sont plus éloignées sur le sujet des PPP qu’avant le début du Forum. La grande majorité des positions exprimées lors des séances plénières ont été hautement critiques des positions corporatives avancées par le Conseil mondial de l’eau.
«La marchandisation de l’eau est une aberration, tant du point de vue éthique, que des points de vue environnemental et social», affirme Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens et co-coordonnatrice des séances thématiques sur les PPPs en compagnie de Bill Cosgrove, du Conseil mondial de l’eau. «Cette marchandisation assure que les décisions relatives à l’allocation de l’eau se fondent sur des considérations commerciales, ignorant du même coup d’importantes considérations environnementales, sociales et des droits de la personne».
«Nous avons travaillé plus fort que jamais avec nos alliés au cours des deux derniers jours à Osaka afin de le faire comprendre au secteur privé, mais sans résultat. Il est devenu évident que le rôle premier des entreprises n’est pas de fournir une eau accessible et de qualité, mais de faire des profits à redistribuer à leurs actionnaires. Leurs objectifs et les besoins des gens et de la nature sont fondamentalement aux antipodes», conclut Mme Barlow.
La puissance croissante des corporations transnationales de l’eau menace de soutirer le contrôle de l’eau des mains des citoyens et des communautés. Les groupes de lobby du secteur privé exercent une influence exagérée sur les gouvernements et ils exigent des concessions environnementales qui affaiblissent les normes internationales par l’intermédiaire des institutions financières et commerciales internationales.
Le glissement des gouvernements vers un appui aux PPPs a été perçu par la société civile comme un pas dangereux vers la marchandisation et la cartélisation de l’eau de la planète. Plusieurs ont exprimé leur inquiétude quant au fait que notre avenir ne devrait pas être placé dans les mains d’une petite élite qui déterminera l’avenir selon leur propre intérêt.
La délégation de la société civile présente au Forum mondial de l’eau demande que les gouvernements agissent afin d’assurer que les citoyens puissent exercer leur droit à l’eau et que l’eau soit universellement exclue de toutes les ententes commerciales. Jusqu’à ce que cela se produise, nous continuerons de combattre la privatisation et la marchandisation de l’eau aux quatre coins de la planète.
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