Le ministre de l'Environnement rejette la décision du tribunal de révision concernant la rivière Tay
OTTAWA (ONTARIO) — Le ministre de l'Environnement de l'Ontario, Chris Stockwell, avait un bien beau cadeau pour l'OMYA (Canada) à l'occasion de la Saint-Valentin. Cette importante compagnie minière d'origine suisse s'est en effet vu accorder le droit de prélever un million de gallons d'eau par jour de la rivière Tay. Ce cadeau, qui va directement à l'encontre des conclusions tirées par deux enquêtes publiques indépendantes, sera certainement perçu comme une insulte par les citoyens de Perth.
En fin d’après-midi aujourd'hui (vendredi), le ministre Stockwell a rendu public un document de 30 pages renversant la décision prise par le tribunal de révision de l'environnement. Ce dernier avait en effet refusé à l'OMYA la permission de prélever 4,5 millions de litres d'eau par jour de la rivière Tay. Le tribunal confirmait ainsi une décision rendue plus tôt par un autre tribunal sur l'environnement, à l'effet que l'on ne possédait pas suffisamment d'information sur l'impact environnemental d'un prélèvement de cette envergure pour accéder à la demande de l'OMYA.
Il y a de cela plusieurs mois, le journal The Ottawa Citizen rapportait que l'OMYA « déclarait la guerre à l'Ontario », menaçant de quitter la province si on ne lui donnait pas la permission de prendre dans la rivière Tay toute l'eau dont elle avait besoin. « Le ministre Stockwell vient de se précipiter en avant avec son drapeau blanc, » a déclaré Guy Caron, porte-parole pour le Conseil des Canadiens. « Son message au monde des affaires est très clair : il suffit d'agiter le spectre de la perte d'emplois et du retrait des investissements pour obtenir gain de cause, peu importe ce qu'il en coûte à l'environnement, » a-t-il ajouté.
Steven Shrybman, un avocat représentant le Conseil des Canadiens lors des audiences, a qualifié cette décision de recul important pour le processus d'audience publique en Ontario. « La décision du ministre porte un coup mortel à l'intégrité de la Charte des droits environnementaux – qui donne aux citoyens le droit de prendre part aux décisions importantes en matière d'environnement. » « La décision de Monsieur Stockwell fait du processus de décisions touchant l'environnement une activité à huis clos réservée exclusivement aux sociétés négociant avec les politiciens et les fonctionnaires, loin de la curiosité du public » a-t-il précisé.
Le Conseil des Canadiens a collaboré étroitement avec les citoyens de Perth pour faire opposition à la demande de la société minière et a fait appel à plusieurs témoins experts pour contrer cette demande. L'un des principaux témoins du Conseil était Gordon Miller, Commissaire à l'environnement de l'Ontario. Ce dernier avait vivement critiqué l'échec des fonctionnaires du ministère pour n'avoir pas réussi à adopter un système d'allocation des permis de prélèvement d’eau.
C'est la première fois que le gouvernement conservateur est mis à l'épreuve depuis l'enquête de Walkerton qui, comme on le sait, a demandé que tout bassin hydrographique fasse l'objet d’une évaluation complète avant que le ministère n'autorise les prélèvements d'eau. « La décision de Monsieur Stockwell démontre clairement que ce gouvernement n'a rien appris de ses erreurs passées, » a conclut Monsieur Caron.
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