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le 12 mars 2003

Un réseau international de citoyens s’oppose aux plans mondiaux de privatisation de l’eau lors du prochain Forum mo

Les groupes profiteront de la Conférence du Japon afin de promouvoir une vision alternative afin de résoudre la crise mondiale de l’eau

12 mars 2003

Une coalition internationale grandissante d’organismes d’intérêt public, de droits de la personne, d’organismes de femmes et de droits des consommateurs ont critiqué aujourd’hui le contrôle croissant des entreprises privées et la plateforme pro-privatisation du Conseil mondial de l’eau (CME) alors que s’amorce bientôt le 3e Forum mondial de l’eau à Kyoto, au Japon. Des centaines de groupes de tous les coins de la planète seront présents du 16 au 22 mars afin de rejeter les politiques de privatisation ainsi que la domination des corporations et des agences sur l’ordre du jour de la conférence.

Citant le rapport « Financer l’eau pour tous », récemment dévoilé par l’ex-directeur général du Fonds monétaire international, Michel Camdessus, ainsi qu’un brouillon ayant fait l’objet d’une fuite de la déclaration ministérielle qui sera annoncée à la fin du Forum, comme preuves de la manière dont le financement du secteur privé ainsi que la promotion de super-barrages et de diversions de cours d’eau monopolisent l’avenir d’une politique mondiale de l’eau, les groupes rejettent la notion que la privatisation constitue la solution aux problèmes de pénurie. De plus, les documents ayant fait l’objet d’une fuite prouvent que le CME, malgré sa prétention d’indépendance, appuie l’approche des partenariats privé-public pour les services d’eau, un euphémisme pour la privatisation. L’imputabilité et le contrôle locaux de l’eau sont souvent les premières victimes des programmes de privatisation.

Le rapport Camdessus est taillé sur mesure pour compléter la déclaration ministérielle qui fait déjà la promotion de « nouveaux mécanismes de partenariats privé-public (PPP) » tout en suggérant « qu’une référence au panel Camdessus [sera] considérée plus tard et pourra être ajoutée ». Camdessus demande que des changements drastiques soient imposés au financement des services d’eau, selon un modèle de récupération complète des coûts, un langage de la Banque mondiale qui signifie l’augmentation des coûts directs de la consommation afin de couvrir le coût complet des opérations, incluant la marge de profit. Ce modèle est inadapté pour les populations pauvres qui ne peuvent se permettre les tarifs accrus. La proposition de financement vise davantage à l’utilisation des fonds publics afin de protéger les investisseurs contre les risques plutôt que de procurer un accès à une eau saine et abordable pour tous les peuples.

Le rapport Camdessus propose essentiellement un modèle de franchise pour les consortiums mondiaux de services d’eau afin de promouvoir l’entreprise privée. Les groupes de citoyens à travers la planète condamnent le rapport comme un plan taillé sur mesure pour les multinationales de l’eau pour qu’elles tirent un profit des systèmes d’eau par l’intermédiaire d’un modèle de marché qui ne fera rien pour améliorer l’accès à une eau de qualité pour les pays en voie de développement.

La coalition prévoit lancer une vision alternative lors du forum qui défiera directement la déclaration du Conseil mondial de l’eau. Les principes de l’énoncé poseront l’eau comme un droit humain inaliénable pour tous les peuples et expliqueront comment l’accessibilité et la qualité de l’eau peuvent être atteintes sans en faire une marchandise soumises aux diktats des marchés financiers.

Le premier Forum mondial de l’eau, tenu au Maroc en 1996, a été la création du Conseil mondial de l’eau (CME). Établi en 1995, le CME est composé de représentants de la Banque mondiale, de corporations multinationales et d’agences gouvernementales. L’influence disproportionnée des corporations et des firmes privées spécialisées en infrastructures sur le CME a été mise à jour dans ses prescriptions politiques pour de plus grands barrages de même qu’une privatisation accrue, la marchandisation et la maximisation du profit dans le secteur de l’eau.

Depuis le dernier FME, le fossé s’est élargi entre les corporations privées ainsi que les gouvernements qui veulent traiter l’eau comme une marchandise propre à générer des profits et le mouvement des citoyens à travers la planète qui voient l’eau comme une ressource précieuse qui appartient au domaine public.

Pour lire le rapport Camdessus, veuillez vous rendre à http://www.worldwatercouncil.org/download/CamdessusReport.pdf.

Pour en apprendre plus sur le Forum mondial de l’eau, veuillez vous rendre à http://www.worldwaterforum.org/.

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