Des organismes canadiens rencontrent le Haut-commissariat d'Afrique du Sud et font part de leurs préoccupations à l'égard des privatisations
OTTAWA (ONTARIO) - Des représentants du Conseil des Canadiens, du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et de l'Institut Polaris ont rencontré la Haut-commissaire adjointe d'Afrique du Sud, Wendy Mayimele, afin de discuter du sort de Trevor Ngwele, le président du Comité de la crise de l'électricité de Soweto et de la menace que représente les privatisations pour le peuple sud-africain.
Ngwene a été arrêté, en même temps que 87 autres personnes, en manifestant contre la privatisation croissante des services d'eau et d'électricité qui laissent plus de Sud-Africains de race noire sans accès à ces ressources nécessaires à la vie que pendant la période de l'apartheid.
Son procès, qui devait commencer aujourd'hui, a été reporté au 23 octobre.
" La privatisation croissante ainsi que la tarification à tout prix des services publics est en phase de créer un autre type d'apartheid, cette fois-ci excluant les démunis ", explique Maude Barlow, présidente bénévole du Conseil des Canadiens. " Le Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) ne fera qu'empirer les choses puisque son ordre du jour est désormais contrôlé par les grandes corporations qui visent davantage de privatisations sous le prétexte de développement durable ".
Selon Morna Ballantyne, directrice administration des services nationaux du SCFP, " la privatisation de l'eau a des conséquences sérieuses pour les individus et les communautés, peu importe où elles se situent. Nous savons cela au Canada… et nous en voyons les effets en Afrique du Sud et en d'autres parties du monde. Le SCFP se bat afin de conserver des systèmes publics de qualité, qui soient accessible et imputables à tous. Nous sommes solidaires des gens courageux de Soweto qui s,engageà ce que leurs politiciens respectent leurs promesses ".
Tony Clarke, le directeur de l'Institut Polaris, se dit très préoccupé par la corporatisation de l'Afrique du Sud. " Ce que nous voyons, c'est un groupe de personnes qui ont essuyé des coups de feu, qui ont été emprisonné et inculpés pour avoir simplement demandé à ce que les politiciens respectent des promesses vitales qui ont été faites et qui se battent pour l'un des droits les plus fondamentaux qui soient : l'accès à l'eau potable, source de la vie ".
Maude Barlow et Tony Clarke seront en Afrique du Sud pour la durée du Sommet de Johannesbourg. Le Sommet sera d'ailleurs le sujet d'une autre rencontre prévue avec le Haut-Commissariat d'Afrique du Sud le lundi, 19 août.