COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
25 mar 2010
Les libéraux sacrifient les droits de la personne avec la modification qu’ils veulent apporter à l’Accord de libre‑échange entre le Canada et la Colombie
Une proposition libérale qui accélérerait l’adoption d’un accord de libre‑échange avec la Colombie serait contraire à la position des alliés internationaux et trahirait l'engagement parlementaire de procéder d'abord à une évaluation indépendante de l'impact de l'accord sur les droits de la personne, déclare le Conseil des Canadiens.
« Le gouvernement de la Belgique a rejeté aujourd’hui un nouveau traité d’investissement avec la Colombie en raison des violations des droits de la personne qui se produisent de façon continue et qui, souvent, ne sont pas vérifiées, et aussi parce que les services de renseignements de la Colombie espionnent les ONG. Chose incroyable les libéraux sont prêts à faire comme si de rien n'était en laissant le gouvernement colombien surveiller ses propres violations des droits de la personne, [traduction] », affirme Stuart Trew, organisateur de campagne du Conseil des Canadiens.
À la Chambre des communes hier, le critique libéral du commerce Scott Brison a proposé une modification de l’Accord de libre‑échange Canada‑Colombie afin d’inclure des évaluations annuelles des droits de la personne que chaque gouvernement ferait après la ratification de l'Accord. Scott Brison aurait élaboré cette idée au cours d’une rencontre privée avec le président de la Colombie Alvaro Uribe au Forum économique mondial à Davos en janvier dernier. La proposition a été appuyée par le libéral Bob Rae et a été acceptée par le ministre du Commerce Peter Van Loan.
La proposition libérale est une volte‑face par rapport à l’engagement prédécent pris en juin 2008 par le Comité permanent (multipartite) des affaires étrangères et du commerce international de la Chambre des communes selon lequel l’accord de libre‑échange ne doit pas être ratifié avant qu’une évaluation indépendante de l’impact de l’accord sur les droits de la personne ait d'abord été exécutée.
Les rapports récents de l’ONU et d’Amnistie internationale révèlent une escalade de la violence envers les communautés autochtones et afro‑colombiennes, y compris des meurtres et l’expropriation des terres communales. L’École Nationale Syndicale (ENS) de la Colombie a également recensé les meurtres de 45 syndicalistes en 2009. Ces comptes-rendus, et les taux inacceptablement élevés d'impunité ont suffi à retarder et même à stopper les accords semblables de libre‑échange des pays alliés, y compris la Belgique et les États‑Unis.
Au cours des récentes élections législatives en Colombie, dont les alliés du président Uribe sont ressortis les grands gagnants, des risques de violence, de corruption ou de fraude ont menacé les bureaux de vote du tiers des municipalités du pays, selon le bureau de l’ombudsman et les observateurs électoraux, qui ont rapporté que des votes avaient été achetés et que des pressions avaient été exercées sur les électeurs. La situation avait été prédite par une mission internationale d’observation préélectorale en Colombie, dans un rapport publié plus tôt ce mois‑ci.
« La conclusion par le Canada d’un accord de libre‑échange avec la Colombie maintenant envoie non seulement le mauvais message aux Canadiens et au régime colombien, elle peut également faire du Canada et des entreprises canadiennes des complices ou des partisans passifs de la violence continue en Colombie, [traduction] » affirme Carleen Pickard, directrice de la mobilisation du Conseil des Canadiens et l’une des membres de la délégation canadienne au sein du groupe de surveillance préélectorale. Le rapport préélectoral est disponible à
http://www.canadians.org/francais/commerce/documents/Colombie/intl-observation-preelectorale.pdf
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Renseignements :
Stuart Trew, organisateur de campagne, Conseil des Canadiens : 647‑222‑9782; strew@canadians.org.