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le 26 juillet 2003
La mini-ministérielle de l'OMC à Montréal, jugée antidémocratique
OTTAWA, le 26 juillet - La réunion ministérielle informelle de l'OMC, qui débutera ce lundi a Montréal, est un processus antidémocratique où les pays du Quad (Canada, É.-U., U.E., Japon) travaillent derrière portes closes afin d'assurer que leurs priorités dominent les négociations de la prochaine conférence ministérielle de Cancun.
Pour le FCOMC/CFWTO, la réunion de Montréal a pour but de diviser le groupe des pays en voie de développement qui s'oppose au lancement des négociations vers des accords sur les questions de Singapour (investissement, politiques compétitives, facilitation du commerce et marchés publics) à Cancun. La coalition canadienne croit de plus que le Quad et une poignée de ses alliés offriront aux pays en voie de développement quelques concessions mineures dans les dossiers de l'agriculture et de l'accord sur les ADPIC en échange d'appuis pour le lancement de négociations sur l'investissement, vers un nouvel Accord multilatéral sur l'investissement (AMI), ainsi que sur les autres questions de Singapour.
La mini-ministérielle de Montréal est considerée par plusieurs experts commerciaux, incluant le ministre canadien du Commerce international Pierre Pettigrew, comme l'occasion ultime de replacer les négociations commerciales internationales sur les rails. Outre les questions de Singapour, l'agriculture et les droits de propriété intéllectuelle constituent les principales pierres d'achoppement. Il est de l'opinion du FCOMC/CFWTO qu'en n'incluant qu'une poignée de ministres du commerce, la réunion de Montréal vise a affaiblir la résistance offerte par les pays en voie de développement contre ces enjeux.
"Nous vivons un nouveau Doha", affirme Maude Barlow, du Conseil des Canadiens, en faisant reférence au processus qui a mené a la conférence ministérielle précédente au Qatar. "Avant Doha, une poignée de membres de l'OMC, incluant le Canada, s'étaient réunis pour rédiger un texte ministériel qui a été présenté comme le "consensus" que tous devaient adopter".
"Les grandes puissances commerciales et les grandes corporations ont jusqu'ici été capables de négocier effectivement au sein de l'OMC, en protégeant leurs intérêts et en imposant leurs préférences sur les membres plus vulnérables", avance Gerry Barr, président et chef de la direction du Conseil canadien pour la coopération internationale. "Le Canada devrait plutôt promouvoir la démocratisation de l'OMC afin d'assurer une participation égale et équitable des pays en voie de développement. Au lieu de cela, nous voyons à Montréal une absence de démocratie dans cette mini-ministérielle d'où les pays pauvres sont encore exclus et où leur voix sera muette".
Un mémo d'août 2002 exprimant la position canadienne post-Doha et ayant fait l'objet d'une fuite montre noir sur blanc que le Canada appuie clairement Washington et travaille contre les pays pauvres membres de l'OMC, qui désirent de leur côté que les questions du développement soient abordées à Cancun.
Le mémo précise que "l'acceptation de ces demandes entraînerait de sérieuses conséquences pour la structure et la nature du système mondial des échanges". De fait, le gouvernement canadien s'engage a "isoler les opposants purs et durs" (comme l'Inde et le bloc africain) à Cancun.
Le Front commun sur l'Organisation mondiale du commerce (FCOMC/CFWTO) est une coalition canadienne composée d'une vingtaine d'organismes de la société civile du Canada.
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