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le 11 septembre 2003
Pierre Pettigrew sous l’étroite surveillance des ONG canadiens Le président du Comité sur le commerce et l’investissement est vu comme un négociateur ayant recours à l’intimidation
CANCÚN (MEXIQUE) — Une coalition de 16 ONG canadiens présents à Cancún à l’occasion de la Conférence ministérielle de l’OMC suivra de près les agissements du ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew, qui assume une fois encore le rôle de président du Comité sur le commerce et l’investissement.
Un certain nombre de pays parmi les moins développés et ceux en voie de développement ont qualifié M. Pettigrew de négociateur intimidant. Sa présence à la tête de ce comité est vue comme un obstacle de taille empêchant la tenue de négociations fructueuses.
« Le ministre Pettigrew a joué ce même rôle à Doha et s’y est bâti une réputation peu enviable, a déclaré Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens, fort de 100 000 membres. Il est perçu par de nombreux pays pauvres comme l’homme de main dont le rôle est de leur rebattre les oreilles des enjeux de Singapour; cela est simplement inacceptable. »
Le travail de M. Pettigrew s’est compliqué davantage encore aujourd’hui alors que la ministre du Commerce de la Malaysie, Rafidah Aziz, représentant plus de 50 pays, s’est déclarée opposée à l'ouverture de toute négociation sur de nouveaux enjeux.
Les enjeux de Singapour comptent quatre sujets litigieux (la facilitation du commerce, la transparence dans les marchés publics, l’investissement et la politique de la concurrence) mis à l’ordre du jour de négociations par les pays de la Quadrilatérale, dont le Canada. De nombreux pays, sous la direction de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud, sont extrêmement hésitants à discuter de ces nouvelles questions avant que des négociations vitales soient menées à terme en matière d’agriculture et de propriété intellectuelle.
Lors d’une conférence de presse tenue hier, le ministre Pettigrew a montré en partie ses couleurs en comparant le processus du Comité à un confessionnal, où les pays expient les péchés commis lors de la plénière d’ouverture en annonçant le mandat que leur a confié leur gouvernement respectif. Le ministre Pettigrew a confirmé que c'est au sein des comités que les pays sont ‘testés’ quant à leur degré de souplesse réelle.
Tony Clarke, vice-président du Conseil des Canadiens et directeur de Polaris Institute, confirme que le comportement du ministre Pettigrew sera observé à la loupe. « Ce sera un test de vérité. C’est une chose que de représenter les intérêts canadiens, et c’en est une autre que de jouer le rôle du fier à bras international qui met de la pression sur les pays dont les priorités diffèrent totalement.
Il a agit de cette manière à Seattle et à Doha. Selon nous, après trois prises, il est hors-jeu. Il aura à répondre de ses actes. »
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