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le 11 septembre 2003
La mort d’un fermier à Cancún n’est pas un incident isolé : La pauvreté pousse chaque année des centaines de fermiers au suicide
CANCÚN (MEXIQUE) –— Lee Kyang Hai, président de la Fédération des fermiers et pêcheurs de la Corée du Sud, s’est poignardé hier lors de la marche des fermiers organisée par Via Campesina. Il est mort dans un hôpital de Cancún environ deux heures plus tard.
Ce geste était un énoncé politique. M. Lee portait une pancarte sur laquelle on pouvait lire « L’OMC tue les fermiers ». D’autres manifestants sud-coréens ont déclaré que cet acte servait à « démontrer l’opposition à l’OMC qui tue nos fermiers et détruit l’agriculture de la Corée. » Les membres de son organisation ignoraient les intentions de M. Lee.
Bien que Supachai Panitchpakdi, le directeur général de l’OMC, ait exprimé les regrets habituels, la machine médiatique de l’organisation du commerce n’a pas ménagé ses efforts pour tenter de présenter le suicide de M. Lee comme un incident isolé.
« Rien n’est plus faux, a déclaré Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens. La mort de M. Lee ne doit pas être repoussée en marge de l’histoire de l’OMC. Cette mort est tragique, mais ce n’est en rien un incident isolé. Chaque mois, des centaines de fermiers partout dans le monde s’enlèvent la vie parce qu’ils sont désespérés devant la destruction de leur gagne-pain. Voilà sur quoi les débats devraient porter ici, à Cancún. »
Selon la Fondation pour la recherche sur la science, la technologie et l’écologie, une organisation à but non lucratif située en inde, de 500 à 700 fermiers se suicident chaque mois en inde. Au total, 20 000 morts sont attribuables à des suicides en Inde, et 20 000 autres fermiers sont morts de faim. La Corée du Sud compte elle aussi un grand nombre de fermiers qui se sont enlevés la vie.
Les fermiers posent ce geste désespéré, poussés par la pauvreté rampante dans les campagnes des pays les moins développés ou en voie de développement, pauvreté causée par les politiques du FMI (les tristement célèbres Programmes d’ajustement structurels) et le développement mené par l’OMC.
Le FMI exerce des pressions sur l’Inde pour qu’elle augmente son exportation de produits agricoles afin de repayer sa dette. Les commissaires de l’alimentation de la Cour suprême en Inde ont trouvé que 70 % des aliments retenus par le gouvernement du Rajasthan étaient destinés à l’exportation, laissant aux fermiers bien peu de nourriture pour assurer leur subsistance.
L’OMC atteint les fermiers sur deux fronts : d’une part, par le biais des accords ADPIC, qui préparent la voie aux multinationales, tel Monsanto, qui brevètent ensuite les graines de diverses variétés de plantes, dont le riz basmati, et d’autre part, par le biais du dumping d’aliments et des subventions à l’agriculture, deux pratiques des pays industrialisés qui se servent de cette stratégie en tant qu’outil de négociations pour obtenir d’autres concessions des pays pauvres.
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