JOHANNESBOURG (AFRIQUE DU SUD) - Lors d'une rencontre qui a duré presque deux heures avec des ONG et des groupes de la société civile canadienne, les négociateurs canadiens au Sommet mondial pour le développement durable ont admis l'appui du gouvernement fédéral à la prise de contrôle des questions environnementales et des droits de la personne de cette conférence par le secteur privé.
Selon un représentant du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, (MAÉCI), " Ces processus internationaux sont encombrant. Il est beaucoup plus efficace de laisser les partenariats appliquer les politiques gouvernementales. Le secteur privé le fait le mieux ".
Les négociateurs canadiens ont également avoué lors de la réunion qu'ils cherchaient à faire appliquer les recommandations des Déclarations ministérielles de Doha et de Monterrey, toutes deux commanditées par l'organisation mondiale du commerce.
" Il est maintenant clair que nous avions raison sur toute la ligne ", explique Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens. " Le gouvernement canadien n'est pas ici pour placer l'environnement et les droits de la personne en priorité sur l'ordre du jour. Il est ici pour s'assurer que le secteur privé dominera les débats ".
" Il s'agit d'hypocrisie, pure et simple. Il a conduit ses citoyens à croire qu'il venait à Johannesbourg pour le bien de la planète et dit jouer un rôle de conciliateur entre les diverses visions. Ils admettent maintenant qu'ils utilisent le processus comme s'il s'agissait simplement d'une autre conférence sur le commerce international ".
" L'abdication par le gouvernement fédéral de ses obligations et de ses responsabilités aux mains du secteur privé, dont les pratiques sont au coeur du problème, est une gible au visage de la démoccratie ".
Cette admission du Canada d'un ordre du jour dominé par le secteur des affaires à Johannesbourg apporte crédibilité à la rumeur selon laquelle plus de 25 % des négociateurs canadiens délégués par le gouvernement sont des représentants du secteur privé et non du gouvernement. Malgré plusieurs requêtes, le MAÉCI refuse toujours de rendre publique la liste de ses négociateurs.
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