Le loup est dans la bergerie...
JOHANNESBURG (AFRIQUE DU SUD) - L'annonce conjointe faite aujourd'hui par les États-Unis et l'Union européenne au Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) de donner la priorité aux partenariats avec le secteur privé ouvre la porte à l'exploitation massive des ressources et de l'agriculture des pays en voie de développement et marque la la fin de l'agenda de développement durable de Rio.
Le " principe de précaution " est considéré comme l'un des piliers de l'entente de Rio de 1992. Les États-Unis ont déjà indiqué qu'ils n'allaient pas appuyer ce principe. Selon des sources d'Afrique du Sud, le Canada serait sur le point d'annoncer qu'ils suivront les États-Unis et renieront leur engagement de Rio à cet égard.
" Le gouvernement canadien est sur le point d'abandonner le principe de précaution, l'une des pierres d'assises de l'entente de Rio en 1992 ", explique Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens, un groupe d'intérêt public basé au Canada. " Le Canada se joindra ainsi aux États-Unis dans cet effort de démolition du concept de développement durable afin de le remplacer par les impératifs de l'Organisation mondiale du commerce. Cela forcera les nations de l'hémisphère sud à abandonner leur souveraineté agricole et leurs ressources, particulièrement l'eau, aux mains des corporations ".
Le principe de précaution est déjà considéré comme un obstacle au commerce par l'OMC et plusieurs traités commerciaux internationaux ont rejeté formellement le concept.
" Dans les mois précédant le SMDD, nous avons vu des pays comme les États-Unis et le Canada faire d'énormes pressions afin que les accords commerciaux de l'OMC régissent les engagements pris il y a 10 ans à Rio ", poursuit Tony Clarke, directeur de l'Institut Polaris, un organisme canadien de recherche sur la mondialisation et les corporations. " Quelques-unes des plus importantes transnationales sont ici afin de nous convaincre que la question de l'environnement peut leur être confiée, même si les accords commerciaux internationaux menottent l'autorité et l'imputabilité gouvernementales ".
L'Institut Polaris et le Conseil des Canadiens font partie d'un contingent international d'organismes présents à Johannesbourg pour le Sommet mondial sur le développement durable. Tous deux ont étudié de près l'ententede Rio de 1992 et son application ainsi que les négociations menées en prévision de Johannesbourg.
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