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le 3 septembre 2002
Un document confidentiel du Cabinet contredit la rhétorique du Canada à Johannesbourg
OTTAWA (ONTARIO) – Un Mémorandum pour le Cabinet obtenu par le Conseil des Canadiens et le Centre canadien pour des politiques alternatives (CCPA), montre le gouvernement canadien recherche un mandat équivalent à un « fast track « commercial, relancer les négociations pour un Accord multilatéral sur l’investissement et de reléguer l’environnement au second plan, subjugué par les impératifs commerciaux.
Le document confidentiel, qui a été envoyé via une enveloppe anonyme, est le brouillon final de la stratégie de négociation du Canada pour l’OMC, en attente de l’approbation du Cabinet.
« Ce document démontre sans doute possible l’hypocrisie du gouvernement libéral lorsqu’il accuse l’Union européenne et les États-Unis de nuire au Tiers-Monde », affirme Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens. « Le mandat que recherche ce gouvernement pour les négociations de l’OMC démontre que le gouvernement Chrétien n’est pas l’ami de l’environnement ou des pays en voie de développement comme il clame l’être ».
Pour Bruce Campbell, directeur général du Centre canadien pour des politiques alternatives, le mémo vise à vendre au Cabinet une position qui ignore complètement les aspects négatifs de la mondialisation.
« Ce document répète toutes les suppositions relatives aux pouvoirs miraculeux du commerce et de la libéralisation des investissements prônés par l’OMC dans la lutte pour la prospérité et contre la pauvreté. Il ne tient aucunement compte du débat mondial qui fait rage autour des lacunes béantes de la mondialisation économique actuelle, ni des piètres résultats obtenus lors des deux dernières décennies de libéralisation ».
Le gouvernement fédéral désire également un mandat du Cabinet pour ressusciter les négociations pour un Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) à la 5e réunion ministérielle de l’OMC qui se déroulera à Cancun en septembre 2003.
« La société civile s’est battue pour défaire l’AMI en 1998, mais nous avions alors annoncé qu’il n’était pas encore terrassé et qu’il allait réapparaître », explique David Robbins, chargé de campagne pour le Conseil des Canadiens.
« Malheureusement, nous avions raison. »
« Le ministre du Commerce Pierre Pettigrew cherche un mandat du Cabinet, mais nous allons plutôt voir s’il obtient un mandat des citoyens canadiens ».
Le Canada reconnaît que les pays en voie de développement ne sont pas très enthousiastes des résultats de la mondialisation économique : « Developing countries continue to be concerned about taking additional obligations and express concerns that they are not benefiting from the international rules framework as much as they should ». Malgré cela, le Canada refuse de reconnaître les besoins et l’inéquité des pays en voie de développement.
Le Canada cherche également à isoler les pays en voie de développement qui n’acceptent pas l’uniformisation des solutions imposées par la mondialisation : « Canada will also need to work closely with like-minded countries to build support of moderate developing countries and to isolate hard-line opponents who do not share these objectives and want to hold up any progress on trade facilitation negotiations until implementation demands are fully satisfied ».
De ce fait, le Canada limite ses options à l’égard de l’OMC à une solution fourre-tout pour une situation inégale, malgré la rhétorique qu’il a démontré au Sommet de Johannesbourg.
Une analyse du document, préparée par le Conseil des Canadiens et le CCPA, est disponible dans la pochette de presse.
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