Ottawa - Un réseau informel de femmes d'un bout à l'autre du Canada a annoncé aujourd'hui que plus de 5000 femmes ont signé une lettre non partisane exprimant leur inquiétude à l'égard de Stephen Harper et du nouveau Parti conservateur.
« Nous sommes soucieuses de voir que les médias couvrent sans critique Stephen Harper et son parti inconnu comme s'il s'agissait de l'ancien Parti progressiste-conservateur, a dit Elizabeth May. J'étais frappée de voir que les politiques et les positions de M. Harper, particulièrement sur des questions comme le changement climatique, ne ressemblaient en rien à celles de l'ancien et maintenant défunt Parti progressiste-conservateur, mais étaient entièrement comme celles du Parti Républicain des États-Unis sous George Bush. »
Ce groupe spécial, formé notamment de Maude Barlow, Naomi Klein, Judy Rebick, Elizabeth May, Doris Anderson, Ursula Franklin, Shirley Eikhard et des chefs de file du milieu syndical, du monde des affaires, des universités, des avocats, des enseignantes, des médecins, du clergé, des scientifiques, des femmes autochtones, des immigrantes, des écrivaines et du monde du spectacle s'est élargi de façon exponentielle depuis la publication de la lettre. Transmise aux médias le 13 juin dernier, la lettre était signée par 80 femmes, dont Sarah Polley, Sarah Harmer et des chefs de file de divers milieux. Dans les 12 jours depuis sa publication, un effort électronique spontané a fait affluer 5000 signatures de plus.
L'effort a vraiment éclaté lorsque les musiciennes canadiennes Avril Lavigne, Sarah McLachlan et d'autres célébrités ont adopté la lettre et ont porté des macarons « Stop Harper » à la soirée des prix de MuchMusic.
« Un gouvernement Harper conservateur privatiserait les services essentiels, se joindrait au dangereux programme de défense anti-missile de Bush, permettrait l'envoi des militaires canadiens dans des guerres injustes et s'affairerait à retirer certains droits fondamentaux garantis par la Charte, dit Maude Barlow. Ces politiques sont dangereuses pour tous les Canadiens, mais particulièrement pour les femmes. Le 28 juin, nous devons voter pour assurer que le programme de Harper ne se transformera pas en réalité. »
« Ce que je trouve incroyable, c'est le nombre de canadiennes qui ont trouvé cette lettre sans publicité, sans argent dépensé pour promouvoir l'effort, » affirme Jillian Skeet, une experte en affaires internationales de Vancouver dont l'adresse de courriel apparaissait sur un site Web. « Je n'ai réellement rien pu faire d'autre depuis 12 jours que d'essayer de composer avec le déluge de messages de soutien de la part d'une multitude de femmes, dont un grand nombre ont vraiment écrit avec leur cour leur profonde inquiétude de voir un jour le programme de Stephen Harper être celui d'un parti au pouvoir. »
Le groupe a révélé la liste élargie de signataires sur la Colline du Parlement, en face du monument des cinq célèbres suffragettes pionnières du Canada qui ont gagné le droit pour les femmes canadiennes d'être des « personnes ». Le groupe exhorte les Canadiens à sortir et à aller voter lundi.
« La présente élection nous met face à des choix plus sombres que ce que nous n'avons jamais connu. La menace de se débarrasser du Protocole de Kyoto, de soumettre des questions primordiales de droits de la personne à des votes libres, de déroger à la Charte des droits, de replacer le Canada dans le déficit afin de faire des dépenses militaires aux dépens des programmes sociaux --- toutes ces questions exigent que les voteurs appuient les candidats et les parties dont les opinions sont les plus proches des leurs, » dit Judy Rebick.
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