Des agriculteurs, des scientifiques et des analystes des politiques des pays en développement disent que non!
OTTAWA - Des agriculteurs, des scientifiques et des spécialistes des politiques de l’Afrique, de l’Asie, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient profiteront d’une rencontre aujourd’hui avec des représentants du gouvernement du Canada à Ottawa pour demander au gouvernement de revoir son utilisation des récoltes génétiquement modifiées comme outil de développement durable.
Les membres de cette délégation internationale se joindront à divers groupes de la société civile canadienne afin d’exprimer leur inquiétude envers la promotion agressive par le Canada des récoltes génétiquement modifiées dans les pays en développement. Les membres de la délégation feront également la lumière sur d’importantes fausses idées qui circulent à propos de la capacité des aliments génétiquement modifiés de calmer la faim.
« Le gouvernement canadien croit à tort que les OGM jouent un rôle positif dans ses initiatives de développement durable dans les pays en développement, dit Anna Paskal d’Inter Pares. Mais les expériences des membres de la présente délégation démontrent clairement que les récoltes génétiquement modifiées ne sont pas la solution à la pauvreté et à la faim; en fait, elles peuvent même exacerber le problème. »
La résistance aux OGM en Afrique a fait les manchettes en 2002 lorsque la Zambie a refusé des produits agricoles génétiquement modifiés offerts pour l’aider au moment où certaines parties du pays connaissaient des pénuries importantes de nourriture. « Malgré des pressions venues de toute la planète, le gouvernement de la Zambie maintient qu’il a pris une décision responsable en n’acceptant pas les OGM offerts pour l’aider. Nous prétendons que les incidences à long terme des OGM et de leurs produits dérivés ne sont pas entièrement comprises et, par conséquent, que la sécurité et la prudence doivent l’emporter sur les autres intérêts, y compris les ententes commerciales internationales, » dit Mwananyanda Mbikusita Lewanika, directeur exécutif du National Institute for Scientific & Industrial Research de la Zambie.
Les petits agriculteurs développent et utilisent leurs propres semences, et la contamination par les OGM et la perte de la biodiversité qui en résultent sont des préoccupations clés. « En nous fiant sur les produits agricoles traditionnels, nous avons réussi à composer avec les années de sécheresse et nous n’avons jamais connu la faim. Nous avons adapté nos récoltes aux conditions locales et nous cultivons nos aliments dans des sols marginaux sans irrigation, dit l’agricultrice indienne Sammamma Bidakanne. Notre capacité de conserver et de réutiliser les semences traditionnelles est la base de notre biodiversité et de notre sécurité alimentaire - tout cela est menacé par les récoltes génétiquement modifiées. »
« Cet échange vient particulièrement à point nommé, au moment où le gouvernement fédéral est en train d’élaborer une stratégie scientifique « pour les pauvres » en route vers le sommet du G8 à Édimbourg en juillet prochain. La biotechnologie agricole est un élément central de cette stratégie, dit Pat Mooney du ETC Group. Le Canada doit tenir compte des perspectives critiques des habitants des pays en développement lorsqu’il élabore ses politiques sur ces questions. »
À la suite de cette rencontre d’une journée entière derrière des portes closes avec des représentants du gouvernement du Canada, les membres de la délégation internationale prendront la parole au cours d’un forum public au Centre des Congrès d’Ottawa à 19 h. Ils s’adresseront également à des députés à l’occasion d’un déjeuner au Parlement le lendemain matin.
Membres de la délégation internationale :
Mwananyanda Mbikusita Lewanika, National Institute for Scientific & Industrial Research, Zambie
Ibrahim Coulibaly, Association of Professional Producers of Mali
Camila Montecinos, GRAIN, Chili
Masanagari Narsamma, agricultrice, Inde
Begari Sammamma, agricultrice, Inde
Periyapatna Venkatasubbaiah Satheesh, Deccan Development Society, Inde
Melina Hernández Sosa, Unión de Organizaciones de la Sierra Juárez de Oaxaca, Mexico
Melaku Worede, ancien Directeur de la banque de gènes, Éthiopie
Groupe de travail sur la politique du Canada concernant la biotechnologie agricole et les pays en développement :
Canadian Organic Growers, Conseil des Canadiens, ETC Group, Greenpeace, Inter Pares, Syndicat national des cultivateurs, Polaris Institute, Comité pour la justice sociale, L’Église Unie du Canada, USC Canada.
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