La province pourrait interdire à son tour les produits agricoles transgéniques
Ottawa - Le Conseil des Canadiens se réjouit de la décision de l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard de constituer un comité chargé d’entendre les pour et les contre des produits transgéniques. Le comité décidera les dates des audiences aujourd’hui. Cette discussion marquante pourrait éclairer une décision qui ferait de l’Île-du-Prince-Édouard la première province du Canada sans produits transgéniques.
La semaine dernière, les membres du comité permanent de l’agriculture, de la foresterie et de l’environnement de l’assemblée ont sollicité la participation du public à leur discussion.
« Ottawa ne veut pas rien entendre des appels répétés de la population canadienne qui réclame un débat public sur les aliments transgéniques. Notre gouvernement fédéral est ailleurs pendant que la population s’inquiète du mal que ces produits pourraient faire à notre santé, à notre environnement et à notre économie, dit Nadège Adam du Conseil des Canadiens. Les Canadiens et les Canadiennes devaient faire quelque chose. »
Les insulaires ne sont pas les seuls. De nombreuses municipalités du Canada ont déjà adopté des résolutions restreignant la culture des aliments transgéniques. Powell River, en Colombie-Britannique, est devenue l’an dernier la première zone du Canada sans produits transgéniques quand la ville s’est déclarée « zone agricole sans produits transgéniques ».
« Les aliments transgéniques n’offrent rien de mieux aux consommateurs, » dit Leo Broderick du Conseil des Canadiens à l’Île-du-Prince-Édouard, qui est également membre de la coalition insulaire pour une province sans produits transgéniques. « Ils contaminent notre environnement et ont mis en danger nos marchés d’exportation agricole. En tant qu’insulaires, nous devrions saisir cette opportunité de protéger notre environnement contre cette menace. »
Le débat de l’Île-du-Prince-Édouard arrive à point, parce que l’industrie de la biotechnologie est prête à tout faire basculer avec ses récoltes et ses animaux transgéniques. Ottawa se penchera bientôt sur la commercialisation du poisson transgénique. AquaBounty a annoncé son intention de demander bientôt le dédouanement commercial de son saumon « AquAvantage ». La compagnie cherche à produire du saumon transgénique doté d’une hormone de croissance rapide. Les installations de pisciculture d’AquaBounty sont à l’Île-du-Prince-Édouard.
« Sachant que le gouvernement fédéral n’a jamais refusé de demande de dédouanement commercial d’un produit transgénique, nous serions bien naïfs d’espérer qu’il va nous sortir de ce cauchemar de poisson transgénique, dit Broderick. Nous devons absolument interdire tous les produits transgéniques si nous n’avons pas envie de voir du saumon bizarre dans notre assiette. »
Les insulaires et bien d’autres personnes autour du monde sont désillusionnés de l’immobilisme de leurs gouvernements et font tous les efforts pour protéger leurs collectivités contre la diffusion des produits transgéniques. Le mouvement prend de l’élan et des collectivités des États-Unis, de l’Europe, de l’Australie et de certaines parties de l’Asie et de l’Afrique se sont déjà déclarées « zones sans produits transgéniques ».
« Nous l’avons vu partout au Canada, des collectivités qui ne veulent plus respirer la fumée des autres dans les endroits publics et qui ont décidé que les pesticides n’allaient plus régner dans leur parterre. Les aliments transgéniques méritent le même sort, » dit Nadège Adam.
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