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le 26 février 2003

Semer le doute : le blé transgénique au banc des accusés

OTTAWA (ONTARIO) - Le blé transgénique mettra en danger la subsistance des fermiers canadiens en ouvrant la porte au risque de contamination génétique, en mettant fin à leur droit traditionnel de réensemensement et en privant l'accès de leur grain à de grands marchés tel l'Europe.

Tel est le message qui sera véhiculé lors d'une tournée de 11 villes et communautés des Prairies canadiennes qui débutera aujourd'hui. Initiative du Conseil des Canadiens, Semer le doute : prendre position contre le blé transgénique au Canada est organisé conjointement avec le National Farmers' Union, le Saskatchewan Organic Directorate et l'Institut Parkland. La tournée visera à mieux faire connaître les périls de l'introduction de blé transgénique dans nos champs.

Des spécialistes exprimeront leur préoccupation relatives au blé transgénique. La compagnie Monsanto tente d'obtenir l'approbation environnementale pour introduire le blé transgénique de la part de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, de Santé Canada et de leurs contreparties américaines.

« L'approbation du blé GM entraînerait des conséquences qui ne sont pas limitées au seul angle de la santé », explique Nadège Adam, chargée de campagne en biotechnologie au Conseil des Canadiens. « Le droit traditionnel des fermiers de réutiliser une partie de leur récolte afin de la ressemer l'année suivante est aussi en péril puisque cette pratique enfreindrait le brevet. Si ces fermiers croient pouvoir contourner ce problème en retournant aux semences naturelles, ils font alors face à la question d'une contamination impossible à contrôler ».

« Nous avions dit que cela se produirait avec d'autres récoltes, comme le colza, et cela s'est produit. Que le gouvernement canadien considère ouvertement d'imposer les mêmes risques à nos champs de blé est une position que je ne comprends pas. Il n'existe absolument aucune preuve que les plants transgéniques soient plus productifs ou avantageux pour les fermiers. Cependant, le danger potentiel de contamination est si élevé que le futur de l'agriculture organique serait réellement menacé avec l'exploitation de blé transgénique dans la communauté agricole ».

Cette campagne a l'appui de l'expert en biotechnologie David Suzuki, qui critique fermement l'engouement du gouvernement fédéral pour la biotechnologie « La biotechnologie est un domaine révolutionnaire et en est encore à ses premiers pas. Même si les techniques de manipulation sont impressionnantes, notre compréhension du fonctionnement des cellules, des organismes et des populations est encore très limitée. Il existe des preuves suffisantes pour confiner la biotechnologie, dans son état actuel, dans les laboratoires plutôt que de la retrouver dans nos aliments quotidiens. Si le gouvernement cède à la pression de Monsanto et approuve la culture de blé Roundup Ready Wheat, il contribuera à accroître la diffusion du gène résistant au Roundup dans les champs environnants et cela mettra en danger les grands marchés qui interdisent la vente d'aliments transgéniques ».

Les conférenciers, qui viennent du Canada et des États-Unis, expliqueront également pourquoi le marché européen excluera pratiquement le blé canadien puisque l'Europe refuse fermement d'approver la consommation de blé transgénique.

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