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le 18 juin 2003
Le blé transgénique au banc des accusés à Sherbrooke
SHERBROOKE (QUÉBEC) – S’il approuve la requête de commercialisation du blé transgénique de Monsanto Canada, soumise plus tôt cette année à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, le gouvernement fédéral se rendra complice des conséquences néfastes que cette décision entraînera pour les fermiers, citoyens et consommateurs québécois.
Le Conseil des Canadiens et son chapitre de Sherbrooke, Les AmiEs de la Terre de l’Estrie ainsi que l’Association coopérative d’économie familiale de l’Estrie ont condamné aujourd’hui, lors d’une conférence de presse tenue à Sherbrooke, l’introduction possible du blé transgénique dans les champs québécois. Selon ces groupes, l’utilisation à grand échelle de blé transgénique signifiera à court et moyen terme la disparition par contamination des souches naturelles de blé présentement cultivées et la perte du droit de resemencer les champs à partir de la récolte précédente. Quant aux effets du blé transgénique à long terme sur la santé, ils sont tout à fait inconnus, faute de recherches approfondies.
En d’autres termes, un oui à Monsanto Canada représente ni plus ni moins qu’un coup de dés aux résultats potentiellement désastreux, particulièrement si l’on considère que les bienfaits des semences génétiquement modifiées comparativement aux récoltes actuelles sont douteux.
« L’approbation du blé transgénique entraînerait des conséquences qui ne sont pas limitées au seul angle de la santé », explique Nadège Adam, chargée de campagne en biotechnologie au Conseil des Canadiens. « Le droit traditionnel des fermiers de réutiliser une partie de leur récolte afin de la ressemer l’année suivante est aussi en péril puisque cette pratique enfreindrait le brevet de Monsanto. Si ces fermiers croient pouvoir contourner ce problème en retournant aux semences naturelles, ils font alors face à la question d’une contamination impossible à contrôler ».
Alain Robert, de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Estrie poursuit : « Il n’existe absolument aucune preuve que les plants transgéniques soient plus productifs ou plus avantageux pour les fermiers. La contamination des champs environnants et la perte substantielle de marchés qui n’acceptent pas les OGM, comme l’Europe, constituent autant de désavantages qui ne doivent pas être ignorés».
André Nault, membre de l’exécutif des AmiEs de la Terre de l’Estrie renchérit : « Sondage après sondage, les Québécois s’expriment massivement contre l’infiltration insidieuse des OGM dans leur alimentation. Ils doivent cette infiltration à la relation incestueuse qui s’est établie entre le gouvernement fédéral et les multinationales de la biotechnologie et particulièrement Monsanto. Ces pratiques antidémocratiques doivent cesser »!
Ottawa prévoit rendre sa décision cet automne relativement à la requête de Monsanto Canada.
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