OTTAWA (ONTARIO) - Le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire de son ministère de l'Agriculture, a de nouveau rejeté l'étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés, prétextant des " facteurs et accords commerciaux " pour justifier cette décision.
La réponse au rapport du ministère de l'Agriculture au Comité permanent de l'agriculture et agroalimentaire intitulé " L'étiquetage des aliments génétiquement modifiés et son impact sur les agriculteurs ", publiée le 1er novembree sans fanfare, confirme que le gouvernement du Canada a abandonné son autorité en ce domaine à l'industrie et aux États-Unis.
En réponse à la recommandation 4 du rapport du Comité permanent, qui demandait du gouvernement qu'il évaloue les implications commerciales de l'étiquetage, le ministère de l'Agriculture a répondu que " Les accords de l'OMC et de l'ALENA renferment des dispositions sur l'étiquetage. Les membres sont tenus de s'assurer que les régimes d'étiquetage ne sont pas discriminatoires et ne deviennent pas des obstacles inutiles au commerce."
La réponse termine par une affirmation comme quoi, " Le gouvernement continuera d'appuyer les initiatives de l'industrie dans un contexte fédéral-provincial-territorial en vertu du Cadre stratégique pour l'agriculture ".
" Nous avons maintenant une agence gouvernementale qui affirme, OFFICIELLEMENT, qu'il est incapable d'élaborer des politiques nationales en raison de l'ALÉNA et de l'OMC ", explique Nadège Adam, chargée de campagne sur la biotechnogie pour le Conseil des Canadiens. " En fait, la réponse va jusqu'à dire aux Canadiens qu'il ne permettra pas la politique d'étiquetage obligatoire qu'ils désirent en raison de la résistance américaine ".
Le Conseil des Canadiens a clamé, pendant des années, que la signature de l'ALÉNA signifieraient l'abandon par le Canada de sa souveraineté dans des domaines clés de sa politique publique. Dans sa réponse, le gouvernement fédéral élargit toutefois l'interprétation de l'article 904.4 de l'ALÉNA.
" Le gouvernement fédéral ne fait que lancer qu’une piètre justification pour son à-plat-ventrisme devant le gouvernement américain et les Monsantos de ce monde. L’étiquetage des aliments GM, en réponse aux désirs du public et par respect au principe de précaution, peut certainement être considéré comme étant un « objectif légitime » au sens de l’ALÉNA. L’étiquetage lui-même affecterait tous les aliments GM, et non pas uniquement les produits américains. L’ALÉNA n’est qu’une excuse pratique pour l’inaction du gouvernement ", conclut Adam.
-30-