Intégration continentale et soins de la santé
Non à l'intégration !
Un guide citoyen à l’intégration continentale
télécharger la version PDF
Les discussions sur l’intégration continentale
font souvent référence au « marché nordaméricain
de l’énergie », ou à « la sécurité
de l’approvisionnement énergétique en Amérique
du Nord ». Les hommes d’affaires qui contrôlent le
Partenariat nord-américain sur la prospérité et la
sécurité se servent d’un terme beaucoup plus simple : l’intégration énergétique.
Quelle que soit
l’appellation utilisée, ce plan donnerait aux
entreprises américaines le contrôle des réserves
canadiennes de pétrole et de gaz naturel et obligerait
l’économie canadienne à fournir
de l’énergie sans tenir compte
de nos besoins nationaux, ni de
l’impact sur l’environnement.
Sables bitumineux : propriété
américaine
Plus de 50 pour cent de la production
des sables bitumineux
albertains appartient déjà aux
Américains. Ces entreprises
paient des droits d’exploitation
de 1 pour cent au
gouvernement albertain pour
les droits d’extraction – l’un des
taux les plus bas au monde.
Le Canada a récemment
remplacé l’Arabie saoudite en
tant que principal fournisseur de
pétrole aux États-Unis. Nous
exportons 65 pour cent de
notre pétrole aux É.-U. alors
que nous devons importer 55 pour cent du pétrole
que nous consommons de l’Algérie, du Venezuela
et de la Norvège. La clause de partage
proportionnel de l’Accord de libre-échange nordaméricain
nous oblige à maintenir ce niveau
d’exportation. Advenant une pénurie d’énergie,
nous devrons continuer d’acheminer le pétrole et
le gaz aux États-Unis au même rythme. Un marché
énergétique plus intégré obligerait le Canada à des
niveaux d’exportation encore plus élevés, laissant
les Canadiens éponger la facture en temps de
disette.
Impact environnemental
La production des sables bitumineux a un effet
néfaste sur l’environnement. L’Alberta pourrait
devenir l’une des principales sources mondiales
d’émission de gaz à effet de serre. La mise en valeur
des sables bitumineux détruit le sol, les forêts et
consomme 26 pour cent de l’eau souterraine de
l’Alberta. Il faut au moins six barils d’eau pour extraire
un seul baril de pétrole. L’eau résiduelle ne peut
être réutilisée alors elle est
stockée dans des bassins de
50 km2 visibles de l’espace.
Le Conseil des Canadiens croit
qu’une stratégie de sécurité de
l’approvisionnement énergétique
canadienne devrait inclure :
- un moratoire sur la mise
en valeur de nouveaux sables
bitumineux jusqu’à ce qu’une évaluation environnementale et
sociale soit faite;
- une place importante aux énergies renouvelables qui ne
nous lient pas au pétrole et au gaz
naturel provenant de sources
aussi nocives pour
l’environnement que les sables
bitumineux de l’Alberta;
- une exemption de la
clause de partage proportionnel
de l’ALENA pour l’énergie,
semblable à celle que le Mexique
a négociée avec les É.-U. au moment
de la signature de l’entente;
- un retour à l’ancienne politique canadienne qui
conservait un approvisionnement de 25 ans de
pétrole et de gaz naturel afin de répondre aux
besoins nationaux en priorité.
Le Canada a besoin d’un plan de sécurité de
l’approvisionnement indépendant qui ne nous relie
pas aux intérêts américains et à l’économie
américaine. Ce qui se cache derrière l’ « intégration
énergétique » est la volonté du milieu des affaires
de donner aux entreprises pétrolières et gazières
américaines un monopole sur l’alimentationénergétique future du Canada. Nous méritons
mieux.