Qu’est-ce qu’on pourrait vous donner de plus ?
Stephen Harper sera à Washington aujourd’hui [le 6 juillet 2006] pour l’anniversaire de George W. Bush. Après avoir vu notre gouvernement faire des pieds et des mains pour plaire au président des États-Unis, nous nous demandons ce que notre premier ministre pourrait bien lui donner qu’il ne possède pas encore.
Notre énergie : le Mexique et les États-Unis favorisent tous deux l’indépendance énergétique, une initiative avisée face à la hausse des coûts de l’énergie. Le Canada est heureux par contre de vendre ses réserves d’énergie au plus bas soumissionnaire. Le premier ministre de l’Alberta Ralph Klein était tout fier de se vanter dernièrement à Washington que « l’investissement américain représente 50 % des actifs pétroliers de l’Alberta. » Mais à raison de seulement 1 % des profits, les redevances des compagnies américaines sont parmi les plus faibles au monde. Selon le Parkland Institute, le gouvernement Klein a perçu plus en recettes du jeu qu’en redevances versées sur les sables bitumineux entre 2004 et 2005. En plus, grâce à l’ALENA, le Canada exporte maintenant chaque année vers les États-Unis 70 % du pétrole et 61 % du gaz naturel que nous produisons. Et l’ALENA nous interdit aussi de réduire la proportion d’énergie que nous produisons et que nous vendons aux États-Unis, même s’il existe une pénurie dans notre pays.
Notre bois : trois tribunaux différents ont conclu que l’industrie du bois-d’oeuvre du Canada n’enfreint aucune règle du libre-échange. Et pourtant, le gouvernement des États-Unis refuse d’admettre qu’il a fait quelque chose de mal en collectant plus de cinq milliards de dollars en tarifs illégaux. Harper a dit aux Canadiens que nous avons eu une bonne entente en obtenant de Bush quatre des cinq milliards de dollars volés. Mais les vrais gagnants de cette entente sont le gouvernement des États-Unis et le lobby américain du bois-d’oeuvre parce que le message est clair : ils ne sont pas obligés de respecter les règles.
Nos troupes : après le 11 septembre, le Canada a procédé, selon le ministère de la Défense nationale, à « un engagement militaire important » dans la campagne contre le terrorisme afin de démontrer notre « solidarité envers nos alliés ». Nous avons 2 300 soldats en Afghanistan qui participent à l’opération « Enduring Freedom » menée par les Américains. Cela engloutit 68 % de ce que nous dépensons pour nos missions à l’étranger et nous laisse avec un personnel militaire spécialisé dans les missions de maintien de la paix traditionnelles qui ne compte plus que 59 personnes. Le Canada vient également juste d’acheter pour 17 milliards de dollars de nouveau matériel militaire pour de futures missions, un achat dont Bush s’est beaucoup réjoui selon Michael Wilson, l’ambassadeur du Canada aux États-Unis.
Notre eau : le Canada subit beaucoup de pression pour envoyer son eau aux États-Unis, par déviation et en l’exportant en vrac. Cela rend les réserves du Canada vulnérables à l’appauvrissement de l’environnement et aux contestations commerciales internationales qui pourraient ouvrir les vannes pour de bon. L’absence d’une politique fédérale à point sur l’eau signifie que le Canada a peu d’options lorsque les États-Unis ne respectent pas les ententes internationales conçues pour le règlement des différends en matière d’eau. Bush a dit que les États-Unis ont un droit sur l’eau du Canada. Harper, en ne clarifiant pas la position de son gouvernement sur les exportations de l’eau en vrac, signale que le président n’aura pas besoin d’en faire trop pour obtenir l’accès aux réserves
d’eau douce du Canada.
Si vous vous inquiétez de voir tout ce que le Canada est en train de céder aux États-Unis appelez le 1-800-387-7177 pour plus d’information.
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