À travers le monde, un mouvement citoyen en croissance travaille pour obtenir un « droit à l’eau! », voulant que l’eau est une ressource essentielle et irremplaçable pour la santé des populations et la planète dans son ensemble.
La communauté internationale n’a pas encore reconnu ce droit fondamental. À deux reprises, le gouvernement canadien s’est opposé à des mesures des Nations Unies pour entériner le droit à l’eau en droit international.
Voici ce que vous devriez savoir sur les gestes du Canada sur la scène mondiale :
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Le Canada s’est opposé au droit à l’eau aux Nations Unies.
Lors de la Commission des droits de la personne en 2002, le Canada était le seul pays à voter contre le droit à l’eau potable et aux services sanitaires. Le gouvernement canadien a déclaré que l’eau est une question importante et que les pays doivent s’assurer que leur population a accès à l’eau. Le Canada a cependant annoncé qu’il ne croyait pas que le droit international devrait reconnaitre un droit à l’eau.
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Le Canada n’appuie pas le commentaire général 15.
Depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, les Nations Unies ont réitéré le besoin d’assurer l’accès à l’eau salubre à l’échelle mondiale. En novembre 2002, le comité sur les droits économiques, sociaux et culturels a élaboré le commentaire général 15, qui confirme que le droit à l’eau est implicitement reconnu dans l’accord international sur les droits économiques, sociaux et culturels.
Le Canada a stipulé que le commentaire général 15 l’obligerait à donner accès aux autres pays à son approvisionnement en eau et a refusé d’appuyer cette initiative.
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Garantir le droit à l’eau ne signifie pas que les États-Unis peuvent s’arroger l’eau canadienne.
Le gouvernement fédéral défend sa position contre la reconnaissance du droit à l’eau en disant qu’il ne veut pas perdre le contrôle de l’eau canadienne. Le gouvernement canadien s’inquiète de la possibilité que les États-Unis demandent accès à l’eau canadienne en invoquant des obligations internationales. Cela est peu probable puisqu’ une plainte en regard des droits de la personne doit répondre à des critères très rigoureux.
Les É.-U. sont les plus grands consommateurs d’eau douce au monde ; le Canada vient en deuxième place. Les É.-U ne peuvent alléguer qu’ils ont besoin de l’eau canadienne pour des raisons d’ordre humanitaire alors qu’ils sont les plus grands consommateurs d’eau per capita au monde. Les É.-U. ont soif à cause de l’étalement urbain et de la mauvaise gestion, pas à cause d’un manque de ressources.
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La véritable menace: faire de l’eau une marchandise.
C’est le raisonnement qui veut que l’eau devrait être vendue et achetée comme toute autre marchandise qui menace le contrôle du Canada sur ses eaux, pas la reconnaissance du droit à l’eau.
Des accords commerciaux comme l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ou l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) font en sorte qu’une fois l’eau considérée comme une marchandise, le Canada pourra difficilement arrêter ou ralentir l’exportation de cette ressource.
L’ALENA est conçue de façon à protéger le commerce avant tout et l’eau pourrait être vendue et exportée malgré de fâcheuses conséquences pour le Canada.
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Le Canada devrait être ouvert au partage de l’eau, non pas à sa vente.
Le Canada devrait s’opposer à la privatisation de l’eau car elle mène aux pires violations des droits de la personne. La reconnaissance du droit à l’eau permettrait au droit international de s’attaquer aux problèmes de distribution et d’accès à l’eau potable et aux services sanitaires dans d’autres pays.
Souscrire au droit à l’eau n’affecte pas le contrôle du Canada sur ses ressources aquifères. Le Canada devrait envisager le partage de sa ressource et de son expertise avec des pays qui en ont besoin. Il y a une différence entre partager l’eau et la vendre. Vendre l’eau aux É.-U.– ou à tout autre pays – crée un dangereux précédent social, économique et environnemental, difficilement réversible.