Devils Lake
La déviation de Devil’s Lake est une mesure unilatérale des États-Unis que le gouvernement du Manitoba et les environnementalistes des deux côtés de la frontière ont réprouvée.
L’émissaire de Devils Lake s’étendrait sur 23 kilomètres et cherche à résoudre un problème d’inondation en détournant l’eau vers la rivière Sheyenne, qui se déverse à son tour dans la Rouge. La Rouge coule vers le nord jusqu’au lac Winnipeg, le 10e plus grand lac d’eau douce au monde.
Le Manitoba maintient que les eaux de Devils Lake contiennent des organismes étrangers et possiblement dangereux aux eaux manitobaines, ce qui pourrait affecter les industries de la pêche et du tourisme de la province. Or, le Traité des eaux limitrophes internationales de 1909 empêche le déversement d’eau polluée le long de la frontière E.-U. -Canada.
En août 2005, à la suite d’un différend diplomatique qui n’en finissait plus, la Maison Blanche et Ottawa sont parvenus à une entente qui comprenait l’installation d’un filtre permanent, dont le coût était évalué à 18 millions USD ou plus.
Malgré le tollé soulevé, le Dakota du Nord a ouvert l’émissaire de Devils Lake le 15 août 2005. Mais l’émissaire n’a fonctionné que dix jours, les niveaux de sulfates forçant le Dakota du Nord à fermer les valves.
L’émissaire devait reprendre ses fonctions le 1er mai 2006, mais de nouveau, les niveaux de sulfates ont empêché la mise à flot. Le North Dakota Health Department a établi des limites au niveau de sulfates des eaux qui coulent de l’émissaire. Jugeant ses mesures trop restrictives, la Water Commission a tenu des audiences publiques le 27 juin 2006, proposant des restrictions sanitaires moins sévères pour les eaux coulant de Devils Lake.
Des citoyens et groupes environnementaux des deux côtés de la frontière, de même que le premier ministre du Manitoba, Gary Doer, maintiennent que l’émissaire ne devrait pas être ouvert jusqu’à ce qu’une étude scientifique indépendante exhaustive soit faite et qu’un filtre permanent soit installé afin d’empêcher le passage d’espèces invasives et de polluants.
Le Canada et les É.-U. ont besoin d’une solution viable pour régler les différends au sujet de l’eau. Jusqu’à récemment, la solution prenait la forme de la Commission mixte internationale, l’arbitre binational en matière d’eaux partagées, formée d’un nombre égal de représentants des deux pays. Les pouvoirs de la Commission ont été peu à peu rognés par des actes unilatéraux américains, la déviation de Devils Lake notamment.
Le Conseil des Canadiens demande que tout problème au sujet des eaux partagées soit porté à la Commission mixte. Le Dakota du Nord, malgré de nombreux appels du Gouvernement du Canada et de celui de la province du Manitoba, a refusé de faire appel à la Commission, mettant en doute les mécanismes de résolution des différends existants et empêchant toute solution diplomatique.
Si la Commission mixte où les deux pays partagent le pouvoir ne peut jouer pleinement son rôle, les différends sont résolus au cas par cas, ce qui crée un dangereux précédent pour le Canada.
Pour plus d’information :
Les Amis de la Terre Canada a publié récemment un sondage d’opinion publique qui montre clairement à quel point les citoyens des deux côtés de la frontière sont préoccupés par la qualité de l’eau. Le public peut voter en ligne et se renseigner à www.stopdevilslake.com et www.foecanada.org.