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Nouvelles de la campagne OMC : novembre 2006

La prochaine réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a lieu à Hong Kong du 13 au 18 décembre. L’OMC est à la croisée, car le Cycle de développement de Doha connaît des ratés depuis l’échec de la réunion ministérielle de Cancún en 2003. Depuis lors, les négociateurs n’ont pu s’entendre sur le contenu de documents. À la suite de rencontres des Cinq pays concernés (FIPS) et d’une mini ministérielle à Genève au début de novembre, le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, a confirmé que les membres n’avaient pu réconcilier leurs différends et devaient revoir leurs attentes vis-à-vis de la ministérielle de Hong Kong. Pas tout à fait le discours énergétique auquel nous a habitués le grand patron de l’OMC.

Pas de documents, pas de décisions

Les grandes décisions de l’OMC se prennent justement lors des réunions ministérielles. Pour prendre ces décisions, les négociateurs ont cependant besoin de documents de discussion. On peut donc douter du succès du Cycle de développement de Doha. Doha est-il mort? Le représentant au commerce américain Rob Portman et le commissaire de l’UE Peter Mandelson ont rappelé que Hong Kong n’était qu’une étape dans un processus qui devrait se terminer à la fin de l’année prochaine. D’autres ont demandé la tenue d’une « vraie » ministérielle en avril ou juin 2006. Faut-il en croire que Hong Kong n’est pas une « vraie » ministérielle?

Les affaires sont les affaires

Deux scénarios ne se répéteront pas à Hong Kong pour l’OMC : il n’y aura pas de « réussite » comme à Doha (2001), ni d’échec comme à Seattle (1999) ou Cancún (2003). Il ne peut y avoir réussite, car les préoccupations de développement se sont avérées une véritable farce. On a beau parler du Cycle de développement de Doha, mais les choses suivent leur cours habituel à l’OMC, les pays riches se faisant les chantres des grandes entreprises. La réunion de décembre ne se soldera pas par un échec, car les leaders feront tout pour éviter d’être embarrassés de nouveau.

L’intimidation ne fonctionnera pas non plus et il y a de fortes chances qu’ils en arrivent à une déclaration terne pour sauver la face, n’offrant aucun progrès dans les domaines de l’agriculture (ASA), des services (AGCS) ou des tarifs industriels (AMNA). La déclaration réitérera la poursuite des négociations avec les platitudes habituelles sur les avantages du commerce international pour les pays en développement.

Comme le disait récemment le ministre du commerce et de l’industrie de l’Inde, Kamal Nath :

Malheureusement, nous trouvons que les discussions sur certaines propositions nous ont entraînés sur la voie à sens unique de l’ambition. L’ambition relève de choses différentes pour différents pays. Pour certains, ce peut être l’accès aux marchés; pour les quatre cinquièmes de l’humanité, c’est une question de développement.

En sauvant la face, l’OMC gagnera peut-être du temps, mais cela ne changera rien aux contradictions fondamentales de l’OMC et du Cycle de développement de Doha. Ni le contenu, ni le processus des négociations en cours ne favorisent le progrès économique des pays pauvres. Il n’y en a que pour l’ouverture des marchés pour les grandes entreprises du Nord.

— Jean-Yves LeFort, Campagne de l’OMC, Conseil des Canadiens

       
 

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mis à jour November 9, 2006
 
 
 

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