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Le PSP et les travailleurs : Affaiblissement des normes professionnelles et des salaires en Amérique du Nord
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Le PSP n'a rien à faire de la pauvreté en Amérique du Nord. Ni du chômage ou de l’équité salariale. Il n’offre pas de solution à la désindustrialisation ou aux déficits commerciaux de plus en plus importants des produits manufacturés. Rien non plus à propos de l’inégalité économique ou du changement climatique qui ne cessent d’empirer… Dans la vision de l’état prônée par le PSP, il n'y a rien qui concerne le « soutien social » et le bien‑être.
~ Extrait de Deep Integration in North America: Security and Prosperity for Whom? Par Teresa Healy, politique sociale et économique, Congrès du travail du Canada
L’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis et l’ALENA ont été vendus aux Canadiens avec la promesse trompeuse d’emplois et d’encore plus d’emplois. Presque 20 ans plus tard, vu la stagnation du revenu moyen et le déclin constant du secteur de la fabrication, il est évident que le libre‑échange n'a pas été tendre avec les travailleurs. Mais le PSP ne fait pas seulement qu’ignorer toutes les grandes préoccupations des travailleurs d'aujourd'hui, il va rendre les choses encore bien pires, particulièrement pour les travailleurs migrants.
Les règles américaines empêchent les Canadiens de travailler
En janvier 2007, Bell Helicopter, le plus grand fabricant d’hélicoptères au monde, a empêché 24 employés de ses installations de Montréal de travailler sur un contrat militaire avec les États-Unis simplement en raison de leur lieu de naissance. La loi américaine stipule que les citoyens de 25 nations considérées comme des risques de sécurité se voient interdire de travailler sur les contrats militaires, même s’ils travaillent sur les contrats en question dans un autre pays comme le Canada. « Le problème ici est qu’il n’existe aucune base factuelle que ce soit pour le genre de mesure prise, » a déclaré l’avocat spécialiste des relations de travail de Montréal Gaston Nadeau dans une entrevue à la Société Radio‑Canada. « Et des personnes ont été éliminées simplement parce qu'elles étaient nées dans un pays donné. Cela n’a aucun sens. » Si le premier ministre Harper a dit qu'il était « très préoccupé » par les licenciements et qu'il a soulevé la question avec le gouvernement des États‑Unis, il travaille néanmoins à l'intérieur du PSP à harmoniser nos politiques sur l'immigration et sur la sécurité avec celles des États‑Unis. Cela rendra les Canadiens encore plus susceptibles d'être visés par les lois américaines ridicules et franchement racistes.
Liberté de déplacer les travailleurs plutôt que mobilité des travailleurs
Des documents du PSP qui ont fait l’objet d’une fuite du projet Futur de l’Amérique du Nord 2005 disent que, « Pour demeurer compétitif dans l’économie mondiale, il importe que le marché de la main‑d’œuvre de l’Amérique du Nord du 21e siècle possède la flexibilité nécessaire pour répondre aux demandes de main‑d’œuvre de l’industrie sur une base transitionnelle et d’une façon qui réagit aux forces du marché. » [traduction]Il n’est pas exagéré de dire qu’une réserve « flexible » de main‑d’oeuvre signifie une réserve de main‑d’oeuvre à bon marché, et tant mieux si « elle réagit aux forces du marché » au lieu d’exiger de meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires et tous les droits de citoyenneté auxquels nous nous attendons tous comme travailleurs au Canada.
Comme les accords de libre‑échange ont plus à voir avec maximiser les droits des investisseurs qu’avec le véritable commerce entre les pays, les accords de mobilité de la main‑d’œuvre ont moins à voir avec la capacité des travailleurs de travailler où ils veulent qu'avec la volonté des entreprises de déplacer certains types de travailleurs (c’est‑à‑dire des travailleurs non syndiqués à bon marché) là où ils peuvent les utiliser pour faire plus de profits. C’est particulièrement le cas dans le secteur de l’énergie du Canada, qui a de plus en plus recourt aux travailleurs temporaires du Mexique et de l’Amérique du Sud. Mais sous l’égide du PSP, le Canada desserre les mailles de son Programme concernant les travailleurs étrangers temporaires pour aider tous les types d’entreprise à sabrer dans la masse salariale en embauchant des travailleurs de l’étranger – tout cela dans le but de rendre l'Amérique du Nord plus « compétitive ».
Travailleurs qui ne sont pas consultés concernant la main‑d’oeuvre étrangère
Les discussions sur l’élargissement du Programme concernant les travailleurs étrangers, qui se déroulent beaucoup dans le contexte du PSP, ont complètement exclu les travailleurs jusqu’ici. Le Congrès du travail du Canada indiquait dans un rapport de mars 2007 sur la question que cela a démontré que les droits des travailleurs ne sont même pas une arrière‑pensée, malgré les nombreux abus documentés du système par l’Union internationale des travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce, INTERCEDE et d’autres organismes. La loi oblige le gouvernement à consulter les syndicats dans les lieux de travail où les employeurs veulent embaucher des travailleurs migrants, mais les consultations ont été limitées et inconstantes, selon le CTC. Il y a également eu un manque de constance de la surveillance gouvernementale pour assurer que les conditions de travail et les salaires des travailleurs migrants sont les mêmes que pour les gens qui travaillent déjà au Canada.
Pénurie de main-d’oeuvre ou pénurie de main-d’œuvre à bon marché?
Selon le même rapport du CTC, les employeurs ont tendance à invoquer les pénuries de main‑d'oeuvre pour accorder des salaires, des conditions de travail et des avantages sociaux inférieurs aux normes dans un secteur donné. Le Manitoba Trucking Association, par exemple, établit clairement ses motifs d'engager des travailleurs migrants dans une déclaration de 2006 du directeur Bob Dolyniuk : « Les chauffeurs qui n'ont pas d'objection à être sur la route pendant de longues périodes prennent leur retraite. Il y a beaucoup de familles qui se brisent, des divorces. Les chauffeurs d’aujourd’hui ne veulent pas être loin de chez eux longtemps. Les immigrants font partie de la solution. » [traduction] Dans les mots du CTC, « Au lieu d'améliorer les conditions de travail en réponse aux demandes d'équilibre travail‑vie des travailleurs du Manitoba, les employeurs de camionneurs choisissent de transférer les déséquilibres travail‑vie aux ... travailleurs migrants. » [traduction]
Combler l’écart entre les revenus ou l’écart d’infrastructure?
Les partisans du PSP disent souvent que les normes de travail et les salaires moins élevés du Mexique sont un obstacle à l’intégration. « L’écart entre les revenus qui sépare le Mexique de ses voisins du nord doit être rétréci considérablement, » [traduction] selon ce qu’indique, dans un document secret du Forum nord-américain 2006 ayant fait l’objet d’une fuite, le professeur américain Robert Pastor, grand partisan de l'intégration. Et pourtant la plus grande partie de l’argent, et de l’attention, à l’intention du Mexique dans le PSP s’applique à des projets massifs d’infrastructure (particulièrement de gigantesques autoroutes neuves) conçus pour renforcer les chaînes d'approvisionnement courantes en fonction de la main‑d'oeuvre mexicaine à bon marché. D’autres documents du PSP ayant l’objet d’une fuite discutent « d'améliorer la position concurrentielle du Mexique en établissant un fonds de financement du développement avec des ressources américaines et canadiennes destinées à financer le développement de l’infrastructure physique du Mexique. » [traduction] S’il est difficile d’argumenter contre le besoin de bonnes routes au Mexique, les financiers du PSP sont clairement plus préoccupés d’accroître leurs profits que d’améliorer les normes de vie.
Salaire-subsistance pour le continent et la fin de la pauvreté
Une coalition de syndicats mexicains progressistes demande aux travailleurs de l’Amérique du Nord d’appuyer une augmentation du salaire minimum au Mexique, au Canada et aux États‑Unis pour le fixer à des niveaux qui permettent aux travailleurs de s’offrir un niveau de vie honorable, et de l’offrir aussi à leurs familles, peu importe le pays où ils vivent. C’est exactement le genre de politique qu’un vrai partenariat sur « la sécurité et la prospérité » comprendrait si les travailleurs participaient à la discussion. Mais le PSP n’a pas pour objet d’améliorer les vies des travailleurs. Il a pour objet de diminuer les normes du travail et d’exploiter encore plus les chaînes d’approvisionnement existantes pour le bénéfice de quelques PDG.
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