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Le PSP et l’énergie : Assurer le contrôle américain des ressources canadiennes et mexicaines
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L’expansion par cinq prévue pour les produits du sable bitumineux dans une période relativement courte représentera beaucoup de défis pour l’industrie du pipeline. Des pipelines nouveaux et plus grands transporteront plus de volume dans les marchés intérieurs existants et en expansion des États‑Unis et offriront des capacités de livraison en Californie par l'entremise de la côte ouest canadienne.
~ Selon un rapport du groupe d’experts en sables bitumineux du PSP suite à un atelier à Houston, Texas, du 24 au 25 janvier 2006
On pourrait dire que l'énergie, et principalement ce qui vient des sables bitumineux de l’Alberta, est la colle épaisse qui lie le PSP. La multiplication par cinq de la production de sables bitumineux est d'ailleurs en train d'être bien établie dans le PSP et les analystes disent que rien n’empêchera le Canada d’atteindre cette cible – pas plus le déboisement massif que les pénuries d’eau ou des ententes internationales comme le Protocole de Kyoto. Actuellement, près de 100 % du pétrole brut des sables bitumineux part vers le sud pour satisfaire la demande grandissante des États-Unis pour du pétrole à bon marché et en abondance. Et des plans sont en cours afin de construire de nouveaux pipelines conçus pour transporter le bitume brut vers les raffineries des États‑Unis, ce qui fait perdre des emplois à l’Alberta aussi. Entre-temps, le Canada n’a pas de réserve stratégique de gaz et de pétrole pour faire face aux pénuries internationales et importe à l'heure actuelle presque la moitié du pétrole que nous utilisons sur une base quotidienne. Les États-Unis s’affairent également à « améliorer la collaboration en matière d'électricité » par l'entremise du PSP, ce qui pourrait mener ultimement à la déréglementation complète du réseau de distribution d’électricité, devenu captif du marché et contrôlé par les intérêts américains. Le Canada a clairement besoin d’un meilleur plan que le PSP.
Perte du contrôle de notre énergie
L’énergie canadienne est consommée principalement par les États-Unis. Le Canada a cédé une partie importante du contrôle de l’énergie lorsqu’il a accepté une disposition de partage proportionnel de l’Accord de libre-échange nord-américain. Cette disposition fait en sorte que le Canada n’a pas le droit de réduire ses exportations aux États-Unis, quel que soit l’état de ses réserves d’énergie, à moins de réduire l’énergie destinée aux Canadiens dans une même proportion. Résultat, nous exportons maintenant 70 % de notre pétrole aux États-Unis alors que nous importons d’autres pays 60 % de ce que nous consommons. Nous ne pouvons pas réduire la production de combustibles fossiles pour le marché américain, ce qui fait bien l'affaire de notre gouvernement parce que le nouvel objectif consiste à augmenter de façon spectaculaire la production et les exportations vers les États-Unis en vertu des nouveaux accords du Partenariat sur la sécurité et la prospérité.
Le Canada : une superpuissance énergétique ou un centre d'échange?
Le premier ministre Harper parle souvent du Canada comme d’une « superpuissance énergétique », sauf que sa politique énergétique est conçue pour céder encore plus de contrôle du gaz et du pétrole du Canada aux compagnies américaines. L’une des recommandations du PSP a trait à un « pacte continental de l’énergie et des ressources naturelles ». Cela veut dire augmenter l’accès des investisseurs des États-Unis à nos réserves énergétiques en créant un marché intégré – comme le préconisent l’administration Bush et l’industrie énergétique. À l’occasion d’une rencontre à Boston en novembre 2006, le ministre des Ressources naturelles Gary Lunn a dit aux représentants de l’industrie énergétique, « Je veux que vous sachiez que le gouvernement du Canada fera tout en son pouvoir pour vous soutenir. » [traduction] Toute une superpuissance!
L’énergie : une ressource continentale
L’énergie a été établie comme l’une des principales priorités du PSP et il a été décidé que toutes les discussions relatives à l’énergie allaient se dérouler à l’intérieur du North American Energy Working Group (NAEWG), établi en avril 2001. En vertu du PSP, le NAEWG s’efforcera en outre de supprimer les obstacles et d’améliorer les interconnexions de l’infrastructure à l'intérieur de l’Amérique du Nord. Il est clair à la lumière du rapport de ce groupe que l’avenir de toutes les politiques et de la réglementation sera de nature continentale. Et le groupe fait effectivement référence de façon constante au secteur de l'énergie de l'Amérique du Nord et aux besoins d'énergie de la « région ». Entre-temps, le U.S. Federal Energy Regulatory Commission (FERC), en grande partie responsable des tentatives malheureuses de déréglementation et de la transition vers un régime de marché pour l’électricité aux États-Unis aimerait beaucoup installer les mêmes politiques dans un régime de marché de l'électricité de l'Amérique du Nord intégré. Cela aurait un effet profond sur les systèmes publics d'un grand nombre de provinces canadiennes et donnerait ultimement lieu à des prix et à des règles de l'électricité établis par les Américains.
Le PSP ou l’environnement
La production provenant des sables bitumineux est en train de détruire l'environnement à un rythme alarmant. La province de l’Alberta est bien placée pour devenir l'une des principales sources d'émission de gaz à effet de serre au monde. L’exploitation des sables bitumineux détruit de grandes étendues de terrains, décime les forêts et consomme 26 % de l’eau souterraine de l’Alberta. Il faut entre trois et cinq barils d’eau pour extraire un seul baril de pétrole. Les eaux usées toxiques du processus ne peuvent être remises en circulation et stagnent par conséquent dans des flaques de 50 kilomètres carrés visibles de l’espace. Soutenir l’industrie énergétique des États-Unis signifie que le Canada ne peut pas présenter de mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui ont des dents. L’intégration énergétique et une stratégie environnementale canadienne efficace qui nous permettrait d’atteindre nos cibles de Kyoto sont des priorités qui s'excluent mutuellement. Ou nous continuons d’intégrer notre politique énergétique à celle des États-Unis pour le seul bénéfice de leurs intérêts, comme le PSP l’exige, ou nous y allons à fond contre les émissions de gaz à effet de serre en créant un vrai plan d’énergie renouvelable « fabriqué au Canada ». Nous ne pouvons pas avoir les deux.
Qu’en est-il de la sécurité énergétique du Canada?
Les sables bitumineux de l’Alberta appartiennent à plus de 50 % à des intérêts américains, avec des compagnies comme Exxon Mobil qui détiennent des parts énormes des projets malheureux de pipeline de gaz naturel de la vallée du MacKenzie et de forage pétrolier en mer dans les Maritimes. Et les États-Unis cherchent à accroître leur contrôle du réseau de distribution de l'électricité du Canada. C’est ce que les Américains appellent la « sécurité énergétique » et le PSP n’irait nulle part sans cela. Au Conseil des Canadiens, nous croyons que le Canada mérite d'avoir la « sécurité énergétique » aussi. Nous réclamons une stratégie nationale de sécurité énergétique qui inclut ce qui suit :
- Une exemption à la Mexicaine de la clause de partage proportionnel de l’énergie. Le Mexique n’est pas lié aux exportations américaines et il n’y a pas de raison que le Canada le soit.
- Un rôle prépondérant en matière d'énergie renouvelable qui ne dépend pas du pétrole et du gaz de sources catastrophiques pour l'environnement comme les sables bitumineux de l'Alberta.
- Le retour à l’ancienne politique du Canada qui consistait à maintenir une réserve de pétrole et de gaz de 25 ans pour répondre aux besoins intérieurs en premier lieu.
Le Canada a besoin d'un plan indépendant de sécurité énergétique qui ne nous lie pas aux intérêts des États‑Unis et à l'économie américaine comme le PSP a clairement pour objet de le faire.
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